Les années suivantes, notre foyer retrouva une stabilité financière, grâce à la régularité des mandats paternels et une aide sociale acquise par les efforts obstinés de cet employé de mairie providentiel.
Rarement et uniquement en cas de nécessité, mes larcins permettaient d'équilibrer notre budget.
Je grandissais, ma mère rapetissait à force d'être courbée sur l'ouvrage.
J'avais l'impression qu'elle n'aimait pas plus me voir grandir que moi la voir vieillir.
Ma volonté farouche d'exceller dans mes études scolaires était restée intacte, je venais de décrocher mon bac avec la mention "Très bien, Félicitations du jury" à l'âge de 16 ans et demi.
Parallèlement, et avec l'appui de mon professeur de piano, j'avais intégré le Conservatoire National de musique de Paris et venais de terminer mon cycle d'études, diplômé du "Premier Prix".
J'attribuais mes réussites à mon travail, à mon obsession précoce d'épater ma mère, de la rendre fière, de gagner son amour.
J'avais tant imaginé ces succès, tellement structuré ma vie pour y parvenir que je n'étais ni surpris, ni excessivement heureux de voir mon plan se dérouler comme prévu.
Mes ambitions qui se réalisaient, au fur et à mesure, éblouissaient ma mère, la rendaient heureuse.
La prochaine étape était le prestigieux Concours international de piano Van-Cliburn, aux États-Unis, en fin d'année.
J'y voyais un tremplin pour mon avenir.
L'objectif était de gagner ce concours, d'acquérir un début de renommée internationale, que mon nom devienne une clé me donnant accès à des propositions de concerts, à une carrière internationale de pianiste.
Au conservatoire, j'avais rencontré Anna.
La différence d'âge, elle était mon aînée de 3 ans, avait été impuissante à freiner notre attirance réciproque, physique et spirituelle.
D'origine italienne, elle était le sosie de Gina Lollobrigida, cette actrice que j'avais admirée dans "Fanfan la Tulipe" auprès de Gérard Philipe.
Sa chevelure sombre et bouclée, ses yeux foncés, contrastaient avec la blancheur surprenante de sa peau.
Sa taille était fine mais son corps possédait des rondeurs qui la rendaient irrésistiblement séduisante.
Toujours d'humeur joyeuse, rieuse, elle fredonnait ou chantait des airs d'opéra, des airs populaires à la moindre occasion du quotidien, en annonçant une bonne nouvelle, en préparant un repas, en le servant, lorsque j'arrivais chez elle.
Il m'est arrivé, naturellement, sans y prêter attention, de lui répondre en chantant, ce qui provoquait un fou-rire commun car si Anna avait une voix envoûtante et veloutée de mezzo-soprano, le son disgracieux produit par mes cordes vocales dans cet exercice échappait à toute classification; j'aurais été disqualifié pour jouer le plus petit rôle dans le film chanté de Jacques Demy "Les Parapluies de Cherbourg", la moindre de mes répliques aurait ruiné le travail du cinéaste.
Anna venait d'un milieu aisé, ses parents tenaient un restaurant à Étretat, avec vue sur les fameuses falaises, elle louait une ancienne chambre de bonne transformée en studio dans le XVème arrondissement de Paris, rue de la Convention.
Lorsque je gravissais les sept étages qui menaient à notre nid d'amour, je fredonnais en pensée la chanson jazzy d'Henri Salvador "Quand je monte chez toi, j'ai le cœur en joie...dans ce petit escalier qui n'en finit pas de monter...j'ai, j'ai, j'ai le cœur qui bat"; c'est fou comme ma voix était agréable, juste quand je ne faisais que l'imaginer, et comme mon cœur battait réellement la chamade lorsque j'atteignais le dernier et septième palier/ciel .
Anna et moi avons connu nos premiers émois sexuels ensemble, l'avantage étant que les maladresses de l'un étaient pardonnées par celles de l'autre, notre apprentissage fut de courte durée, très vite nos corps s'apprivoisèrent et surent coordonner leurs mouvements, leur cadence afin de vivre un moment de plaisir partagé couronné par un feu d'artifice final et commun.
Heureux, épuisés, nous avions hâte de récupérer l'énergie de notre jeunesse pour recommencer.
- Tu vois , Anna, c'est dans ces moments-là que je regrette de ne pas fumer disais-je sur un ton mi-sérieux, mi taquin
- Écoutez-le ce nigaud débiter des clichés ! Caresse-moi plutôt !.... J'aimerais que nous ayons deux enfants, idéalement un garçon et une fille, tu en dis quoi ?
- Tu vas un peu vite en besogne , non ?
- Tu ne désires pas avoir d'enfants ?
- Si , bien sûr, mais pas dans l'immédiat, pas dans les années qui viennent et puis je ne sais pas encore avec qui !
- Hou hou, Valentik, je suis là ! tu t'en souviens ? Depuis deux ans, tu me répètes sans cesse que je suis la femme de ta vie et je n'imagine personne d'autre que toi dans ma vie, alors ?
- Tu as raison mais il faudrait que je rencontre tes parents.
- Est-ce si important ? Et quel rapport ?!
- Oui, tout de même ! je dois absolument voir ta mère pour savoir ce qui m'attend dans vingt ans, si tu ressembleras à une dondon.
"Salopard !" dit Anna en riant et en amorçant une bataille d'oreillers, joyeuse, insouciante qui se termina par un concours de baisers, préliminaires à un deuxième acte amoureux.
Les premières rencontres entre Anna et ma mère furent glaciales, sans que personne, pas mêmes les intéressées, puisse en expliquer les raisons.
Cette attitude m'était insupportable, les deux femmes que j'aimais le plus au monde devaient bien s'entendre, c'était vital.
J'entrepris de jouer le rôle de médiateur, à leur insu, en glissant habilement dans les conversations que j'avais avec l'une les qualités de l'autre, leurs points communs.
Anna était méticuleuse, maniaque de l'ordre et de la propreté, autant que Céline.
Mon entreprise fut couronnée de succès et je constatai avec satisfaction que les deux femmes avaient plus d'égards, d'attention l'une envers l'autre avant de devenir aussi proches que mère et fille.
Il leur arrivait de discuter longuement en ma présence, comme si je n'existais pas.
Je prenais alors un air boudeur et contrarié, hélas insuffisant pour attirer leur attention et je devais me forcer à tousser de façon répétée pour qu'enfin Anna, s'apercevant de ma solitude, vienne m'embrasser en me disant "Pauvre chéri, on t'oublie un peu mais tu sais ce que c'est, ces discussions entre femmes..."
Anna était toujours élégante, prêtait beaucoup d'importance à ses tenues et elle me transmit ce goût pour le soin avec lequel je choisissais désormais de m'habiller.
Ironiquement, à la même époque, le mouvement hippie avait séduit une grande partie de la jeunesse avec des tenues colorées, fleuries, débraillées, usées, non coordonnées, "libérées".
Ma mère portait un jugement sans aucune nuance sur cette jeunesse dépravée et se réjouissait de voir que nous n'avions pas étés piégés par ces filets faussement enchanteurs.
Anna et moi étions un peu plus indulgents, on trouvait ce mouvement sympathique et joyeux mais trop utopiste et radical, égoïste, ne se souciant guère de ses aînés.
Nous aimions cette petite brise de changement mais refusions de voir la modernité faire table rase du passé.
On aimait les danses nouvelles, le rock mais il était hors de question d'abandonner certaines danses de salon.
Sur le vieux parquet du studio d'Anna, les lattes se souvenaient du passage de nos pas glissés quand un tango de Carlos Gardel s'échappait d'une piste de danse trop exiguë pour lui et fuyait, à la conquête de Paris, en se faufilant à travers l’entrebâillement de la lucarne qui affichait le rectangle bleu d'un ciel estival.
L'année de mes vingt ans fut celle de mon union avec Anna.
Céline pensait que nous étions, surtout moi, un peu trop jeunes pour consacrer officiellement notre désir d'un avenir commun mais la perspective, chuchotée par mes soins, de devenir ensuite grand-mère l'enchantait, était encore plus forte que sa crainte de se retrouver seule.
Elle insista pour confectionner elle-même la robe de mariée "Ce sera un exemplaire unique, la réplique exacte de celle que tu imagines" vantait-elle à Anna
La noce, campagnarde, se passa on ne peut mieux, j'avais invité presque tous mes amis et leurs flirts pour réduire le déséquilibre injuste entre ma famille décimée et celle, nombreuse, d'Anna.
Mes beaux-parents avaient insisté pour régler en totalité les frais du mariage.
J'avais accepté leur offre modifiée, ils prendraient en charge la plus grande partie et nous le restant, participation indispensable aux yeux de ma mère qui aurait purement et simplement refusé d'être présente au mariage si nous avions été pleinement assistés
Quelques années auparavant, mon nom avait été repris par les médias qui saluaient la naissance d'un virtuose de 17 ans, le plus jeune lauréat du Concours international de piano Van-Cliburn.
J'avais pu obtenir que ma mère m'accompagne, tous frais payés.
Ce fut son premier et dernier voyage en avion, son émotion, palpable, ne la quitta pas durant cet évènement, dans l'avion, à notre arrivée aux USA, dans la chambre luxueuse qui nous avait été réservée et cette émotion se cristallisa en pleurs lorsque je fus applaudi à tout rompre après l'annonce de ma victoire.
J'avais, ensuite, enchaîné les concerts.
J'étais une valeur sûre, recherchée par les organisateurs certains d'avoir salle comble.
Mais ma mère, malgré cette nouvelle aisance financière, décida qu'elle seule devait assumer la part du paiement nous revenant pour ces noces.
La pauvre femme avait économisé, tant bien que mal et probablement très irrégulièrement, une somme destinée à cet usage dans une boite en fer, cachée depuis vingt ans dans un recoin de l'armoire et dont j'ignorais l'existence, dont je n'aurais même jamais soupçonné qu'elle puisse exister.
.../A suivre
Les Mots En Éventail
mardi 23 mai 2023
Le Voleur 8/9
mardi 16 mai 2023
Le Voleur 7/
Vers cinq heures du matin, on sonna nerveusement, à plusieurs reprises, à la porte.
Céline quitta son sommeil, un peu inquiète, et enfila une robe de chambre; je la suivais.
Un homme d'une quarantaine d'années, en uniforme et coiffé d'un képi, appuyait encore frénétiquement sur le bouton de la sonnerie lorsque ma mère ouvrit.
- J'espère que vous avez de bonnes raisons de nous déranger le jour de Noël, à 5h du matin, et de vous acharner sur cette sonnette !
- Bonjour madame, vous êtes bien Madame Céline Dumont , mère de Valentik Dumont ?
- Oui et vous, vous êtes qui ?
- Sous-Brigadier Marcel Tarniak, Police Nationale
L'homme, trapu, souffrait d'un embonpoint impossible à dissimuler.
En dépit de la fraicheur hivernale, il suait après avoir gravi les quatre étages menant à notre domicile. Sa voix ,rocailleuse, roulait les R comme la Garonne le fait des pierres qui l'encombrent
- Votre fils a été reconnu formellement comme étant l'auteur de plusieurs vols durant la journée du 24 décembre.
Marcel avait ôté son képi, laissant apparaitre un crâne dégarni de manière non uniforme, comme une pelouse mal tondue.
Ma mère plaisanta "Mon Dieu ! Ne me dites pas qu'il a volé vos cheveux, tout de même ?!"
- Je vous en prie, madame, soyons sérieux, l'affaire est grrrrave
- Grave ? Vous n'avez pas de famille, sous-brigadier Marcel Tarniak ? Pourquoi n'êtes-vous pas, comme tout le monde, auprès d'eux ce matin ? Vous avez un accent du Sud-Ouest, non ?
- Je viens de Toulouse, où vivent mon épouse et mes deux enfants .
Je suis en stage à Paris pour quelques mois, suite à une promotion. Arrêtez de m'embrouiller, c'est moi qui pose les questions !
- Vous vous ennuyez tellement que vous venez sonner à la porte des bonnes gens à une heure si matinale le jour de Noël ! Je vous plains ! Vous, vous devez avoir des soucis, dans votre travail peut-être ? alors vous décidez de passer vos nerfs sur des victimes innocentes.
- Innocentes, c'est ce que l'on verra !
- Mon fils a douze ans, quoiqu'il ait fait, et cela reste à prouver, cela ne saurait être bien grave ! Vous dites qu'il a été reconnu, par qui, je vous prie ?
- Par la mère d'un de ses camarades de classe, madame Brissous
- Tout s'explique ! madame Brissous ! cette commère a pour fils le cancre de la classe, elle a toujours été jalouse des résultats exceptionnels de Valentik, mon fils !
- En attendant, je vais procéder à une perquisition de votre domicile
- Vous n'avez pas le droit !
Ma mère lui barrait le passage.
- Ne compliquez pas les choses, madame, ne faites pas obstruction , cela pourrait vous coûter cher !
L'agent écarta ma mère avec brusquerie, la faisant presque trébucher.
Dans un accès de rage, elle s'empara du lourd tisonnier, élément servant de décoration mais pourvu d'une pointe acérée.
J’intervins
- Maman, qu'est-ce que tu fais ? arrête !
Ma mère, avec une force que je n'aurais jamais pu soupçonner, avait embroché le sous-brigadier comme un poulet basque avant de passer à la rôtissoire !
Je criais
- Maman ! maman !
- Valentik, Valentik, ce n'est rien mon garçon, juste un mauvais rêve, rendors-toi !
Il m'avait fallu attendre douze années pour avoir le plaisir d'être bordé affectueusement par ma mère, j'étais prêt à refaire le pire cauchemar pour connaitre à nouveau ce bonheur.
Je n'étais pas superstitieux et je n'accordais aucun crédit aux rêves prémonitoires.
Cependant, par mesure préventive, je réduis mes vols, les mois qui suivirent, au strict minimum.
Ma mère et moi avions établi des règles à suivre, je ne devais commettre mes larcins qu'en cas d'absolue nécessité, choisir les occasions les moins risquées et stopper cette activité à la moindre alerte sérieuse.
J'avais, par ailleurs, contacté le père d'un camarade de classe, il travaillait à la Mairie.
Scandalisé par le comportement inacceptable de mon père, il avait entrepris des démarches pour le contraindre à honorer ses obligations de soutien de famille.
Ce brave homme, malgré l'absence de convention entre la France et la Lituanie, avait contacté les autorités locales de ce pays lointain pour les informer de notre situation.
Très vite, mon père, veule, avait cédé après avoir reçu des courriers intimidants lui rappelant ses devoirs.
Plus jamais, jusqu'à son décès, un mandat mensuel ne manqua à l'appel.
Quelques flocons de neige égayaient cette matinée de mon plus beau Noël.
Ma mère avait préparé un bon petit déjeuner, du pain perdu, un de mes plats préférés, et du chocolat chaud..
Après avoir, à ma demande, ouvert ses cadeaux, elle vint me remercier et m'embrassa doucement et longuement.
Le bracelet, à l'or étincelant, était parfaitement ajusté à son mince poignet, et le foulard Hermès, bleu nuit avec un liseré rose, lui donnait l'allure d'une actrice américaine que j'imaginais au volant d'une voiture de sport décapotable.
Céline était une belle femme et je pensais, parfois, que ma présence l'avait peut-être empêché de refaire sa vie.
Cependant, un jour, elle me confia à demi-mot que ses expériences, le viol et la vie conjugale, même si le viol ne saurait être considéré comme une "expérience" , l'avaient conduite à préférer une vie sans homme.
Avoir un amant ne présentait aucun intérêt à ses yeux, l'agression sexuelle qu'elle avait endurée, encore adolescente, l'avait privée à jamais de tout plaisir charnel.
Un jour, car tel est le cours normal des choses, je ne serai plus auprès d'elle, elle sera seule.
Cette pensée m'attristait.
Ma mère allait mettre à la poubelle son vieux foulard quand je l'interrompis
- Maman, tu permets que je garde ce foulard ?
Elle sourit - Si cela te fait plaisir, je n'y vois aucune objection
Je conserverai ce foulard toute ma vie.
.../A suivre
lundi 15 mai 2023
Le Voleur 6/
Après une démonstration de mes talents de manipulation, répétée maintes fois, à vitesse normale ou ralentie afin que ma mère puisse décomposer les étapes de cette prestidigitation, nous nous mîmes à table.
- Ce foie gras est un délice, je ne crois pas en avoir mangé d'aussi onctueux, d'aussi fin en bouche auparavant. Et le Chablis qui l'accompagne a cette discrétion des grands vins qui ne dominent pas les saveurs mais les révèlent.
Je souriais, heureux de voir ma mère accepter ce petit moment de bonheur et d'ébriété passagère; j'avais, en raison de mon âge, simplement goûté le breuvage alors que Céline ponctuait chacune des nombreuses vertus énoncées de ce cru bourguignon d'une gorgée lui rendant hommage.
Je remerciais, en pensée, le caviste qui m'avait conseillé.
Il avait eu ma sympathie immédiate après m'avoir appelé "monsieur", une considération dont je m'étais glorifié même si je savais que cette fierté éprouvée était stupide, le genre de fierté ridicule que l'on est prompt à reprocher aux autres mais jamais à soi-même.
- C'est étrange, la fraicheur de ce vin me transporte des années en arrière. Au centre du petit village où habitaient mes grands-parents, trônait une belle et majestueuse fontaine en pierre.
Après nous être régalées de fruits sauvages, moi et mes amies de mon âge, j'avais 3 ans, nous commettions la délicieuse erreur de nous désaltérer goulûment avec cette eau fraiche, venue des montagnes, qui arrondissait nos petits ventres avant de nous rendre malades !
Les confidences de ma mère s'enchainaient; j'allais, le temps d'un repas, apprendre plus de choses qu'après douze ans de vie commune.
Bien sûr, l'alcool était un facteur de désinhibition important et Céline avait le vin gai.
Cependant, la vie m'apprit ensuite qu'il y a des situations, des moments que la vie elle-même semble choisir pour être ceux des aveux, des confidences, sans même avoir recours aux artifices alcoolisés.
Durant ses placements dans des familles d’accueil, Céline avait été maltraitée, martyrisée et , à deux reprises, violée.
Elle s'était rebellée contre le violeur, le chef de famille, avait dénoncé son comportement à son épouse, en présence des enfants du couple.
Le père, fou de rage, l'avait accusée d'être une dangereuse mythomane puis l'avait renvoyée pour un vol qu'elle n'avait pas commis, il s'était chargé lui-même de faire disparaitre une bague en or appartenant à sa femme.
Ma mère avait très mal vécu cette double injustice, être violée puis traitée de voleuse.
Elle en avait conservé un désir de vengeance qu'elle n'avait jamais eu le courage ou l'opportunité de réaliser; voler, dérober un bien afin de "mériter" enfin ce reproche.
C'était donc moi, Valentik, son fils, la chair de sa chair, qui, sans même le savoir, avait vengé en partie l'affront qu'elle avait subi.
La bouteille de Chablis avait retrouvé une complète transparence, virginale, native et le bouchon de Champagne sauta de joie d'être son successeur.
La réputation de la marque "Nicolas Feuillatte", nouvelle sur le marché, n'était pas usurpée.
Un léger pétillement aérait les arômes qui dansaient sur nos langues, nos palais.
Les profiteroles au chocolat fondaient, le repas s'achevait en apothéose.
Ma mère était pompette, elle riait sans raison apparente et fredonnait des airs joyeux que je ne connaissais pas.
Elle se mit au piano, joua un morceau de jazz, que je ne connaissais pas plus et me demanda de la rejoindre.
Lorsque ma mère donnait ses cours, je l'observais longuement, j’exerçais ma mémoire visuelle.
Elle m'indiqua comment placer mes mains , elle désirait jouer cet air jazzy à quatre mains.
Après quelques mesures d'échauffement, de mise en place, de reconnaissance, mes doigts volaient sur le piano, d'instinct.
Ma mère attendit que nous ayons terminé pour se retourner vers moi.
Elle pleurait doucement, me prit dans ses bras.
- Valentik, tu es doué naturellement, je te demande pardon, mon fils. Tu seras, si tu le veux, un très grand pianiste, ce que je ne serai jamais mais je sais reconnaitre un virtuose.
Elle pleurait et riait en même temps.
Moi, je ne faisais que pleurer, à chaudes larmes.
.../A suivre
samedi 13 mai 2023
Petit clin d'œil à Célestine et Thaïs...
... et aux quatre bébés qui, chaque seconde, rajeunissent ce monde.
Le grotesque de cette bêtise crasse me fait sourire :-)
vendredi 12 mai 2023
Hommages aviaires à Johann Strauss et Mozart
Un bel hommage au compositeur autrichien, de la part de ces oiseaux.
Des styles différents pour un résultat harmonieux et longuement applaudi.
Cette chorégraphie se termine par une révérence, s'il vous plaît !
Après la danse, le chant, l'opéra.
On reste à Vienne pour une version revisitée du duo Papageno/Papagena de la flûte enchantée de Mozart. Admirez les costumes !
Rapide version brésilienne, samba, sans aucun travail de synchro.
La Nature est si indulgente, généreuse, les oiseaux si gracieux que le résultat demeure agréable.
Idem, version rap avec Still D.R.E
Le grand Luciano Pavarotti - Les 3 Ténors 1994 - "Nessun Dorma" Turandot
Notez, en fin de vidéo, l'expression de son regard quand il fronce les sourcils.
Il parait possédé (par la musique et l'histoire tragique)
jeudi 11 mai 2023
Champagne ? Oui mais juste une goutte...
Inutile d'avoir la bosse des maths pour comprendre que remplir un tel verre à mi-hauteur ne remplira pas 50% du volume de cette coupe.
Mais quel est le pourcentage ?
- Le tiers ? Non...
- Le Quart ? Non plus...
- Le huitième ? Bingo !
Remplir une telle coupe à mi-hauteur équivaut à verser 12,5% du volume total du verre.
Étonnant, non ?
mercredi 10 mai 2023
Les années 20 du 20ème siècle - Comme si c'était hier
On peut ne pas aimer ces vieilles vidéos restaurées, upscalèes (augmentation de la résolution d'origine), à la cadence augmentée pour une plus grande fluidité et colorisées par IA.
Cette opération de rénovation gomme presque totalement la distance temporelle des images d'origine.
On peut détester ou aimer cette proximité , cette "modernité" nouvelles ou leur préférer le sceau du passé, les défauts "authentiques" des premiers films.
Quelles sont les images filmées les plus proches de la réalité, de ce que le cameraman apercevait ?
Les images en noir et blanc, zébrées par l'usure, peu nettes, tournées à une vitesse insuffisante pour l’œil humain ou bien ces images restaurées, magnifiées, mieux cadencées, coloriées avec des tons parfois "inventés" par l'IA puisque aucune technique ne permet de deviner parfaitement la couleur des yeux, des cheveux, des tenues, etc ?
Ni les images en noir et blanc, ni celles qui sont colorisées, ne sont "réelles".
Les tenues, les coiffures et d'autres petits détails sont autant d'indices nous rappelant que ces images, tournées il y a presque un siècle, n'appartiennent pas à notre époque.
La caméra n'est pas un objet familier, les gens la fixent.
Le résultat est assez bluffant
Biarritz, 1928
Le "cliché"du vendeur ambulant de tapis sur la plage est déjà présent.
10 secondes environ après le début de la vidéo, notez le petit hoquet de la lectrice :-)
Paris,1927
Quelle élégance à cette époque !
