mercredi 30 mars 2022

Eurovision Song Contest-1956 à 1986 1/2

L'Eurovision de la chanson consacre rarement de grands talents.
Plusieurs artistes, comme Alain Barrière, Serge Lama, Gérard Lenorman, Patricia Kaas, s'y sont cassé les dents.
Ce concours demeure une vitrine intéressante sur l'évolution de la société.
Évolution musicale, chorégraphique, vestimentaire, technique, des couleurs, des effets de lumière, des décors, des mœurs, du jeu  de scène, statique ou dansé, de la longueur des robes, des chevelures, des micros, de la coupe des  pantalons,  des coiffures, des accessoires: cravates, nœuds papillon, colliers, broches, bagues, boucles d'oreilles, avec des allers-retours suivant la mode ou l'ignorant.
Merci à Lucas Schlager de m'avoir épargné un fastidieux travail de montage avec sa vidéo que j'ai découpée en deux périodes, celle de ce billet couvrant 31 années, de 1956 à 1986.
J'ai ajouté mes sous-titres pour égayer, je l'espère en tout cas, ces trois décennies chantées en dix minutes.
En haut, à gauche le pays vainqueur.
En bas, à gauche, le lieu de la compétition, l'année et le nombre de participants (entries)
En bas, à droite, le pays arrivé second (Runner up).
Visionnage en plein écran obligatoire, à moins de posséder une vision d'extraterrestre (pictogramme, en bas, à droite)



dimanche 27 mars 2022

Attention à la fermeture automatique des portières, attention au départ

 S'installer côté fenêtre et, à travers le verre épais, vieilli d'intempéries et de soleil, quelque peu obscurci, étourdi de paysages, observer mes prochains voisins, les futurs occupants, prolonger leurs adieux sur le quai, jeunes amoureux enlacés, héritiers de Doisneau ou de Peynet, baisers fougueux ou regards timides, confidences chuchotées au creux d'une épaule ou aveux exprimés avec force par des caresses appuyées , dessinant sur une main l'empreinte virtuelle de l'être aimé.
Imaginer leurs histoires, composer des familles, en défaire, deviner un lien de parenté, un trait de caractère.
Cette jeune fille qui halète, transpire, grimace, chargée comme un militaire prévoyant un bivouac , qui est elle ?
Son regard  de myope  s'approche très près d'une voiture, recherche le bon numéro, celui de son wagon, ce n'est pas celui-là.
Elle me parait très inquiète, vérifie son billet.
Est-ce la bonne heure, le bon train, la bonne voie ?
Je l'entends parler, presque pleurer, en anglais .
J'ai envie de descendre, de l'aider.
Un cheminot me précède et, comme un berger, conduit cette brebis égarée.
Un vieux couple, d'apparence bourgeoise, avance rapidement, pas assez  visiblement pour madame, vers mon wagon.
Monsieur me parait résigné -a t'il abandonné toute lutte au fil des années?- obéissant, discret, la tête inclinée vers le sol, peinant à tirer des valises sur roulettes alors que son épouse, qui ne porte que son sac à main, lui crie la cadence,
comme un barreur dans un équipage d'aviron, le sermonne
"Mon pauvre ami, quel empoté vous faites !"
Ce vieil homme a t'il voulu, choisi, ce voyage ? cette épouse ?
Un homme entre deux âges, grand, large, gros, imposant, balaye tout sur son passage, fouette l'air avec ses deux bagages, bouscule sans ménagement des enfants d'une famille nombreuse, hausse les épaules pour toute réponse aux jurons du père et s'engouffre à l'intérieur.
Un trio, composé de deux jeunes filles blondes et d'un jeune homme svelte et élégant, discute avec le monde numérique.
Ils tapotent tous les trois, comme des télégraphistes, une triplette de journalistes travaillant pour une agence: Instagram,Twitter ou WhatsApp , et racontant, en temps réel, leurs exploits !
L'une des deux est-elle une princesse et lui un prince charmant, peut-être pas encore fixé sur son choix ? Ou est-il un simple cavalier qui escorte un couple moderne de jeunes filles, éprises de féminin ?
Les derniers retardataires arrivent, un coup de sifflet annonce la fermeture définitive des portes, un drapeau se lève, la locomotive s'échauffe par ses premiers exercices de tractions.
Sur le quai, des mains agitent des aurevoirs, font glisser des baisers soufflés, des foulées accompagnent les ébranlements qui naissent sur les rails, accordent pour un court instant leur vitesse avec celle du train puis stoppent dès qu'elles deviennent trop inégales.
La place, côté couloir, n'est pas encore prise et je guette avec curiosité, appréhension, qui sera mon compagnon (ma compagne) de voyage.
Par tous les Dieux des voies ferrées, des express, des TGV, pas lui, s'il vous plaît, pas lui, pas ce ventripotent et indélicat géant  !
Il occupe, à lui seul, toute la largeur du couloir, approche ma rangée.
Mais comment diable va t'il pouvoir s'asseoir à mes côtés ? Lui, recroquevillé et moi plaqué contre la fenêtre ? Et comment aller aux toilettes sans déranger cet éléphant ? Nos pauses devront être coordonnées.
Il me regarde puis se dirige, un peu plus loin, vers un carré dont il va occuper deux places, dans le sens de la marche, une et demie pour lui, la moitié restante pour l'un de ses bagages.
Ouf !
Une belle jeune fille brune, vêtue d'une courte jupe rouge, se dirige vers moi.
La place est libre ! lui dis-je en pensée.
Ma première prière ayant été exaucée, les Dieux seraient-ils fâchés d' en entendre une seconde ?
Qui sait si leur bienveillance à mon égard ne pouvait  s'offusquer d'une nouvelle demande, abusive, et que ma punition serait alors  pire que celle évitée par ma supplique ?
Elle s'assoit à côté d'un adolescent acnéique qui écoute, au casque, de la musique et dodeline sa tête comme ces petits chiens, ces figurines, le font sur la plage arrière d'un véhicule.
Tant pis !
Finalement, un quinquagénaire, très british, pantalon et veste en tweed, s'assoit à mes côtés et se présente, très poliment.
J'avais l'impression qu'il aurait soulevé son chapeau, s'il en était coiffé, en s'adressant à moi.
Excellent choix, là-haut, merci !
Le train annonce ses arrêts, ses destinations, ses pauses en enfilant des noms, prononcés au micro, comme des perles, comme une joyeuse farandole.
Sur des petites lignes , c'était un véritable casting de voyage, par ordre d'apparition à l'écran : La Ciotat, Aubagne, Bandol, une trilogie à la Pagnol.
Les kilomètres, les heures défilent, les régions traversées me font de l’œil, déclinent leurs identités, leurs individualités, plaines, rivières et collines, villages comme horizons, fumées lointaines de cheminées, travailleurs aux champs, paisibles troupeaux couchés dans des prairies ou y paissant, ouvrages d'art, ponts majestueux , viaducs et le train qui les franchit , funambule sans danger, entre ciel et eau.
Je lis et m'assoupis, bercé par le petit bruit du roulement.
Le silence est presque total dans le wagon, parfois le ronflement d'un voyageur cesse, à peine né, par l’intervention d'une présence voisine qui y veille ou automatiquement par son auteur, lui-même réveillé par cette gêne sonore et qui jette un rapide regard circulaire pour s'assurer qu'il est le premier et le seul à avoir entendu cette respiration contrariée.
Un autre voyage commence, durant mon demi sommeil, mêle réalité et rêve, passé, présent et futur, s'affranchit des contraintes de l'espace et du temps et projette, sur le double écran  de mes souvenirs et de mes désirs, mes anciennes rencontres, mes amours à venir, les fonds de mers couverts de coraux, des jungles luxuriantes envahies des cris de singes hurleurs, des déserts balayés, disparaissant sous des tempêtes de sable et proposant l'abri de tentes de nomades, m'invitant à patienter en partageant le thé de l'hospitalité.
J'ai eu la chance de monter dans de nombreux trains, en France, en Europe, dans le monde.
Des trains rapides,  directs, des chenilles, des omnibus, des trains touristiques, des trains ponctuels, des trains fidèles à leur retard, des trains sans heure qui ne démarrent qu'une fois pleins, des trains qui proposent autant de places à l'extérieur qu'à l'intérieur - trajet périlleux pour ceux qui voyagent accrochés à une rampe, juchés sur un marchepied, assis sur le toit- des trains sans billet pour les touristes, au Cambodge, afin de ne pas être poursuivis par les assurances en cas de pépin !
J'ai connu le confort des T2, voitures privées pour deux, avec lit et cabinet de toilettes.
Faire délicieusement l'amour dans un train de nuit puis être alertés, au matin, après le petit déjeuner servi en chambre, par un savoureux accent italien "Arriviamo, Venezia Santa Lucia" et  admirer dans le couloir le pont de la Liberté, qui relie Venise à la terre ferme, est un souvenir inoubliable, prolongé par la vision féerique, lumineuse, éblouissante, au sortir de la gare ferroviaire, du Grand Canal.
J'ai, également, eu le privilège de me plonger dans une autre époque, celle de l'Orient Express, le roi des trains, le train des rois, et de son intérieur luxueux: cuir et bois, larges banquettes, lampes de chevets, piano bar, gastronomie fine, et des paysages qui défilent lentement, en accord avec l'ambiance reproduite par le décor, l'éloge de la lenteur qui mériterait un texte entier pour lui faire honneur.


Michel Delpech - L'amour en wagon-lit
Entre Nice et Paris, pour lui.
Entre Paris et Venise, pour moi


Paul Mirabel - Le courage de l'autodérision

Nonchalamment, il alterne des pauses habiles avec un récit rapide de timide qui se débarrasse de sa parole, s'allège d'un fardeau.
Le texte est drôle, bien écrit, joue sur les contrastes.
La voix est douce, le ton nouveau et original.
J'aime beaucoup.


 

samedi 26 mars 2022

A deux, on passe à 3

Un ami m'a appelé aujourd'hui pour me demander si j'avais un trou dans mon emploi du temps  dimanche.
-Oui, un trou énorme, une heure complète entre 2 heures et 3 heures.
-Tu te moques de moi ?
-Pas du tout, on change d'heure ce week-end.
-Je n'étais pas au courant !
-Tu retardes alors ! Méfie toi car dimanche, c'est l'inverse, on avance. Pas de deux demain, je ne parle pas de danse, hein ! mais de la ronde folle des heures, 2 n'existera pas ou si peu, à peine le temps de compter jusqu'à 3, et encore ! Cela s'appelle le passage à l'heure d'été, tu imagines ! A croire que l'on n'avance pas seulement d'une heure mais également d'une saison !
-Sérieusement, on peut se voir à quelle heure ?
-J'avais bien une heure à perdre mais on me l'a volée ou, si tu préfères, j'avais une heure à tuer mais quelqu'un s'en est déjà chargé.
- Arrête  de chercher midi à quatorze heures !
Il était remonté comme une pendule.
-Je chercherais plutôt midi à onze heures si j'étais toi.
-Il y a une expo permanente de peintures de Dali, consacrée à ses montres molles
-Permanente ?
-Oui, 24h/24, 7j/7
-Tu veux dire 23h/23 ?
-Si tu veux, on n'est pas à une heure près
-Eux non plus.
-Heu ?
-Non pas heu mais eux, les décideurs, les ravisseurs d'heure. SI j'en tenais un, tu peux me croire, il passerait un mauvais quart d'heure.
-Alors, on y va à quelle heure ?
-Ton heure sera la mienne, c'est toujours ça qu'ils ne pourront pas me prendre.
-Quinze heures, cela te va ?
-Nouvelle heure ? ce n'est pas une heure de pointe, au moins ?
-L'actuelle !
-L'actuelle de dimanche alors.
-Voilà ! on y est arrivé finalement, à la bonne heure !
-Bonne je ne sais pas mais juste, je l'espère ! Dis-moi, tu es certain que cette expo est ouverte à toute heure ?!
-Oui, l'employé ne compte pas ses heures !
-Tant mieux pour lui, car dimanche  il peut mettre une croix sur une heure supplémentaire ! Il ne dort jamais ?
-Si, à ses heures perdues
-La visite dure combien de temps ?
-Une bonne heure à tout casser.
-A tout casser ? Dieu m'en préserve ! Ces montres molles ont beau ne pas donner l'heure, cela ferait cher de l'heure ! Ou alors, il faudrait choisir notre heure, celle où l'employé la perd, étant endormi.
Là, oui, on pourrait faire un malheur !
-Petit malin !
-Oui, à mes heures...

vendredi 25 mars 2022

Juliette

Juliette s'en allait, le cœur chantant
Vers des prairies, garnies de printemps
Où  Mars, galamment, écarquille
Les  pétales solaires de jonquilles

Penchée vers le sol vêtu de saison
Elle cueillait les premières floraisons
Qu'elle tressait, d'un brin de verdure
Sur sa jupe plissée, couleur azur

Une hirondelle s'enivrait de ciel
Puis, étourdie ou infidèle,
Ployait une branche nouvelle
D'un cerisier qui, surpris par ce rituel
Rosissait comme une jouvencelle

Juliette,  jupe et cheveux au vent
Aperçut ce bel adolescent
La dévisageant, insolent
A l'écart, caché dans les champs

Venez plutôt m'aider, mon bel ami
Je connais votre nom, c'est Rémi
Le jeune garçon, surpris, ahuri
Finit par quitter son abri

Leurs mains se touchaient, parfois
Leurs regards se croisaient, souvent
Tendre fraîcheur de nouveaux émois
Cœurs accordant leurs battements

Ils repartirent, d'un pas uni
Les mains emplies, fleuries
Une jonquille tomba
Elle se pencha
Il la ramassa
Puis, tous deux, se relevant
Et d'un commun élan
Offrirent à leurs lèvres
Le cadeau du Printemps
Un baiser délicat,
Tout en réserve,
Doux comme du muscat
Humide comme la grève.

Acrobaties musicales - Battements lents, rapides, normaux- La cadence des émois

 

                        Jean Sibelius , Valse Triste - Vidéo ralentie

 
                            Après la valse lente, le rock acrobatique.
                      Adriano Celentano, Svalutation- Vidéo accélérée

 

         Pour Julie, Franz Liszt - Hungarian Rhapsody no 2, Vitesse normale


jeudi 24 mars 2022

Dieu est humour

Juste pour rire, sans aucune volonté d'offenser, je suis croyant (en esprit, pas à la lettre) . Illustrations amusantes, chinées sur le NET, que j'ai légendées.
 
Ils disposent de 30 jours pour le renvoyer, au cas où...
 Comment, dans ces conditions, être lavé de ses pêchés ou être baptisé ?


Aux innocents les mains vides, dire que toutes les données se trouvent dans les nuages, sur le Cloud

Pardonne lui, Seigneur, il ne sait pas ce qu'il dit, c'est un simple d'esprit, un supporter dune équipe de foot, de l'AS Roma
Allez, quoi, juste un mot, le dernier ! Dépêchez-vous, je commence à avoir des crampes, moi !

                    Jésus ou l'homme invisible, complètement nu ?

             
      Pour traverser à tout prix, la foi n'a pas de prix...

Et le Vatican à Madrid ? Le pape François sera ravi d'apprendre les castagnettes

Ces policiers, quels mécréants ! Méfie toi, petit képi, il te faudra une attestation d'entrée, un jour...
Il faut espérer que ce désir de rencontre n'affecte pas celui qui a klaxonné, en face, en arrivant en sens inverse
Il faut être précis, l'écriture sur pierre est peu tolérante aux erreurs
                        Un petit côté JCVD, Jean-Claude Van Damne ?
Joseph: demande à ta mère ! Marie: demande à l'archange Gabriel !
Jésus: je ne suis pas tombé du ciel, tout de même !

                    Le premier est le roi des juifs, le suivant celui de l'évasion

Judas: Je ne comprends pas un traître mot ! Cette pièce est trop grande, Jésus, il y a de l'écho !
Ses premiers amis sur Facebook, quelle photo Jésus a-t-il choisi pour son profil ?
                           Plus difficile à trouver que Johnny ! :-)
                                                Judas, ton doigt !!
Sœur Hortense, vous admirez les détails de l’œuvre ? Une petite nostalgie ?  ou vous vérifiez la circoncision ?        


       

         Jésus croit au père Noël ! les enfants  croient aux cadeaux

  Jésus dans son one-God-show        


mercredi 23 mars 2022

Hammershoi - Le Repos (éternel)

 Hammershoi - Le Repos

 
Me voilà, de nouveau, comme tous les soirs, tournée vers ce mur
A attendre, à espérer, à entendre même parfois, le doux murmure
De ta voix grave et rassurante,
Paisible, aimante
Lorsque, en fin de journée,
Après m'être, très vite, recoiffée,
Je feignais de ne pas t'avoir aperçu dans la cour
Pour, penchée sur mon ouvrage,
Attentive à tes pas mais muette, sage
Te laisser me chuchoter ton retour,
Embrasser délicatement ma nuque nue,
En relevant ma coiffure détendue.
Je me levais, te souriais
Et te serrais bien fort, te volais un peu de poussière
Qui retombait ensuite de mes bras
Et voletait dans la lumière du soir
Où s'ombrait notre baiser.

Mes cheveux sont plus courts.
Ta main n'est plus là pour les relever,
Les écarter.
Je les ai coupés,
Un soir de rage,
Un soir d'orage,
Un soir de pluie, de vent,
De pleurs et de tourments.
Il y a un mois encore, tu étais porté disparu
Maintenant tu as disparu
Quelle langue étrange
Qui confond deux inconnus
L'espoir, le doute qui obsède
Avec la certitude qui dépossède
Comme j'aimerais, encore, ne rien savoir
Et te parler, comme d'habitude, comme chaque soir
En pensant qu'une de mes prières serait assez forte
Pour te parvenir, guidée par le fil ténu d'Ariane
Lien invisible entre deux âmes éloignées, meurtries,
Écartelées par les chevaux d'un monde en furie.

"Ma pauvre Jeanne, tu n'es pas seule, bien d'autres maris sont morts".
Comme si c'était un réconfort !
Comme si cette peine se partageait, étant commune !
Quelle déclaration sotte, inopportune !
Ces petites vieilles ont oublié ce que veut dire aimer

Si tant est qu'elles ne l'aient jamais su,
Et s'endormir, après s'être aimés, nus.
"Et puis, tu pourras te recaser plus facilement, tu n'as pas d'enfants !"
Pauvres folles, que vous est-il arrivé pour ne plus savoir ce qui est important ?!
Et comme je serais heureuse d'avoir un fils et de reconnaître, en lui, son père au fil du temps.
Comme tous les soirs, comme toutes les nuits
Je fais face à ce mur nu, froid, gris
Je regarde le vide, m'enivre de silence, exhorte l'oubli.

Je hais la guerre, les militaires, les gradés, pas les soldats
Ceux qui arborent des décorations à leur boutonnière
Pas ceux, aux tombes fleuries dans les cimetières
Morts pour la patrie, quelle ânerie ! morts au combat.

Pourquoi es tu parti si jeune, mon amour, mon ami ?
Seule, j'ignore si je supporterai mon visage vieilli.
Même Dieu semble avoir déserté mon esprit
Lassé, sans doute, de mes mordantes railleries.

Pourquoi es tu parti si jeune, mon amour, mon Louis ?
A Dieu ne plaise, si la mort ne m'emporte pas, ce sera la folie.

mardi 22 mars 2022

Acrobaties musicales

A la suite du billet de Françoise, je me suis amusé à modifier l'ambiance musicale de ce magnifique ballet à deux.
La musique de Tiersen et Goret est superbe, elle est parfaitement synchronisée avec cette danse.
L'objectif de ce billet, sans prétention,  est uniquement de distraire par ces variations et de porter un jugement sur la capacité de la musique à modifier notre regard, notre ressenti - dans une mesure limitée par le contexte-
Certaines vidéos sont tronquées, limitées par la durée du morceau.

 1) Ghinzu - Sweet Love

 
 

2) Jane Birkin et Serge Gainsbourg - Je T'aime,...Moi Non Plus

 
 3) Eva Cassidy - What A Wonderful World

 
4) Eric Serra - Le Grand Bleu
 
5) Mozart - Lacrimosa
 
 
6) Wallace Collection - DayDream
 

 

 

lundi 21 mars 2022

Une nuit tranquille, Malkovich chez Depardieu

John Malkovich, de passage à Paris, accepte d'être hébergé une nuit chez Gérard Depardieu.
Pourquoi aller à l'hôtel lorsqu'un ami vous offre son hospitalité ?
L'avion du retour vers les États-Unis décolle le lendemain matin.
Une soirée tranquille ? Pas vraiment.

Il faut vous dire que chez cet homme là, Monsieur, la nuit, on ne dort pas, non...on vit :-)
Et moi, je ris !

 


                              Grand numéro d'acteur de Malkovich.

dimanche 20 mars 2022

Printemps parisien

Au printemps, à Paris
Tenues légères et jambes nues
Défilent, altières, dans les rues
Au loin, un orgue de barbarie
Soupire le désir
Évoque le plaisir
Nouveaux et attendris
De jeunes galants épris
Sur les ponts
Des amoureux se promènent
Le cœur en reflet sur la Seine
Leurs baisers, pétales de saison
S'unissent au soleil et au vent
Aux souvenirs d'anciens amants
Aux fantômes de vieux serments
Et parfument, d'une fraîcheur nouvelle
L'amour d'hier et d'aujourd'hui
Qui s'écoulait et s'écoule toujours
Sur des yeux mouillés de jeunesse
Sur des envies, sur des promesses
Scellées par des mains réunies.
Et l'eau du fleuve court, complice et insouciante
Sous le passage des belles amours  naissantes.

vendredi 18 mars 2022

David Bowie raconte...

David Bowie  nous livre une anecdote et imite, pour la circonstance, Mick Jagger.

La traduction automatique, disponible avec Youtube, n'est pas trop mauvaise.
La réplique de Mick Jagger est "Quoi ? et te ressembler ?!"




lundi 14 mars 2022

Mathilde - Jean-Philippe - Scène 1

Ce n'est qu'à la troisième sonnerie qu'elle comprit que cette mélodie, à 3 tons, familière, était réelle et non une illusion, venue du monde des rêves.
Elle se leva, un peu étourdie, et répondit "Oui, j'arrive !"  d'une voix faible et enrouée par le sommeil.
Elle était pâle, petite, menue et paraissait aussi perdue, vulnérable qu'un oiseau tombé du nid.
Jean-Philippe n'était pas venu les mains vides.
D'une main, il tenait une bouteille de champagne et de l'autre un carton de petits fours sucrés, aussi frais que des œufs du jour.
La pâtisserie de la rue de la Convention était trop réputée pour accueillir  des invendus; toutes ses créations dataient du jour et disparaissaient parfois avant midi, au grand dam  des retardataires.
Il avait fait preuve d'une adresse, encouragée ces derniers temps par des consignes sanitaires, efficace à défaut d'être élégante, en appuyant un coude, formant un angle droit avec le Dom Perignon, contre le bouton de la sonnette.
Adresse répétée à trois reprises , un sans faute, récompensée par la vision d'une petite fée tremblante, vacillante, chancelante...
A l'adresse il ajouta la souplesse, la rapidité et le sang-froid en parvenant à déposer au sol les encombrantes victuailles puis à rattraper Mathilde qui s'évanouissait comme une feuille d'automne et qui ne faisait plus qu'un avec lui à présent, une plume nichée dans le creux de bras vigoureux.
Il l'allongea avec délicatesse sur le canapé à trois places, entretenu par une cire odorante, cette modeste senteur s'épuisait dès lors qu'un léger courant d'air exaltait le parfum de lilas et muguet que portait Mathilde.
Il évalua la chaleur de son front et fut rassuré, un verre d'eau fraîche qu'il venait de rapporter de la cuisine était déposé sur la petite table basse.
Mathilde reprenait, peu à peu, ses esprits et ses couleurs.
- Bonjour mademoiselle, vous allez un peu mieux ?
Elle opina de la tête, son regard était interrogatif.
Elle n'était pas assez réveillée pour avoir la force de lui parler, elle était suffisamment pour en avoir envie; il était grand, brun, séduisant, ses yeux  noirs arrivaient à exprimer simultanément la bienveillance, une joie de vivre latine et quelque peu exubérante, un esprit vif.
- Je m'appelle Jean-Philippe, je suis votre voisin d'étage.
J'ai l'impression que votre malaise est dû à une légère hypoglycémie, vous êtes diabétique ?
Elle fit non de la tête.
Buvez un peu d'eau, lui dit-il, en lui tendant le verre qu'elle commença à boire lentement, presque à siroter, pendant qu'il poursuivait.
- Figurez-vous que j'ai quarante ans aujourd'hui et...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, Mathilde s'étouffait après avoir avalé une gorgée de travers.
Il vint de nouveau à sa rescousse puis, soulagé par la quinte qui se terminait, plaisanta :
C'est mon âge qui vous effraye à ce point ?
Cet incident de fausse route avait, paradoxalement, restitué un peu de voix à Mathilde.
- Vous vous moquez de moi ? c'est mon anniversaire aujourd'hui, j'ai quarante ans.
- Est-ce là une de vos plaisanteries ? Vous me faites marcher, pas vrai ?
- Pas du tout, je suis né le 5 avril 1981 et...
Mathilde était épuisée.
- Chut...Reposez-vous, gardez vos forces, admettez qu'étant le premier à avoir parlé de mon anniversaire et du vôtre par la même occasion, involontairement, cela me procure en quelque sorte un droit d’aînesse.
Devant vous, noble demoiselle, se tient Giovanni Filippo (il la salue), dernier r
eprésentant d'une  lignée des plus grands experts dans l'art de cuisiner les pâtes, dernier gardien des secrets transmis de génération en génération.
Allora, cosa facciamo ?
Je vous suggère un plat simple et délicieux, les penne à l'arrabiata, la véritable recette romaine, hein ! pas une de ces pâles imitations qui  tente de compenser son ignorance par l'ajout d’éléments superflus, perturbateurs, qui dénaturent ce plat et l'alourdissent.
Le choix des ingrédients, leur dosage, le moment où ils doivent être incorporés,  cette subtile alchimie, peu de gens les connaissent ou les maîtrisent.
Je suis un de ceux-là, parfaitement ! N'y voyez aucune vantardise
mais une reconnaissance filiale, celle d'un fils aimant à sa mère.
Être modeste serait un affront au savoir-faire qu'elle m'a légué, une injustice envers l'Italie !
Chut...reposez-vous et laissez-moi profiter de cet avantage éphémère, vous muette et moi bavard.
Je lis dans vos yeux votre vivacité, votre intelligence.
Je devine la finesse de vos réparties, la prochaine faiblesse des miennes quand elles y seront confrontées.
Le même anniversaire et le même âge !
Mamma mia !
Le hasard, seul, ne saurait expliquer cette synchronie.
Comment ne pas être volubile ?!
Mes paroles ne font que détourner le trouble de mon esprit.
Je parle pour le faire taire.
Je parle pour avoir le  plaisir de le retrouver lorsque je n'aurai plus rien à dire.
Comment ne pas fêter, comme il se doit, ensemble, cette coïncidence ?!
Je vous enseignerai mon secret.
La liste des ingrédients est simple: des penne, des tomates, un peu d'huile d'olive, sel et persil, un soupçon d'ail et de piment, vous n'y êtes pas allergique ? (non de la tête) et vous saupoudrez, en touche finale, un peu de pecorino répandu comme une poignée d'or.
Toute l'Italie et son soleil dans une assiette, toutes les couleurs de son drapeau déclinées en délices de bouche.
On va se régaler !
Le Chartreux, qui s'était réfugié sous le lit, intrigué par le lyrisme de Jean-Philippe, s'approcha de lui, le renifla et approuva sa présence en ronronnant.
- Décidément, nous avons beaucoup de choses à nous dire:  j'ai, moi aussi, un chat, un persan.
Je reviens très vite, vous m'attendez, n'est-ce pas, Mathilde ?
Oui, je connais votre prénom (il sourit, Mathilde aussi)

dimanche 13 mars 2022

Le "génocide" des moineaux


Ces images sont surréalistes et terrifiantes.
La stupidité et la cruauté n'ont pas d'âge.

"Le peuple chinois s’est massivement mobilisé pour éradiquer les oiseaux :  descendu dans les rues, il faisait tinter ses casseroles ou battait les tambours pour terroriser les oiseaux et les empêcher de se poser, les forçant ainsi à voler jusqu’à ce qu’ils tombent d’épuisement. Les nids étaient détruits, les œufs brisés, les poussins tués et les moineaux abattus dans le ciel. Les experts estiment que des centaines de millions de moineaux furent tués au cours de cette campagne qui les a pratiquement éradiqués. C’est alors que les problèmes sont arrivés."

(extrait de cet excellent article)



vendredi 11 mars 2022

Un cœur pour Pinocchio

D'après une idée, une image, un défi présents sur le billet de Françoise, le cœurdonnier 

 

Combien de temps, d'espoirs déçus, de lassitudes
Devra encore supporter, endurer, le pauvre Gepetto ?
Son fils gît, inerte, victime d'une certitude
Comment  aimer, lorsque l'on naît sans posséder
Un cœur qui bat, des lèvres humides pour un baiser ?
La marionnette  a rendu l'âme, perdu  son nom: Pinocchio
Un corps en bois ciré, même vivant
N'est rien, comparé à celui d'un enfant.
Ne faut-il pas une chair et un cœur
Pour connaître, un jour, peut-être, l'âme sœur ?
Le père est à l'ouvrage, il coud, raccommode
Des cœurs brisés, recherche la méthode
Pour détecter l'élu, celui qui, par ses battements,
Fera de son fils un enfant,
Lui donnera couleurs et  douce chaleur,
Trente sept degrés, le niveau du bonheur.
Il ne sait pas combien de temps ça peut marcher
Mais il ne risque rien d'essayer.
Un  court sursis d'une vie réelle
Vaut mieux qu'éternité artificielle.