Juliette s'en allait, le cœur chantant
Vers des prairies, garnies de printemps
Où Mars, galamment, écarquille
Les pétales solaires de jonquilles
Penchée vers le sol vêtu de saison
Elle cueillait les premières floraisons
Qu'elle tressait, d'un brin de verdure
Sur sa jupe plissée, couleur azur
Une hirondelle s'enivrait de ciel
Puis, étourdie ou infidèle,
Ployait une branche nouvelle
D'un cerisier qui, surpris par ce rituel
Rosissait comme une jouvencelle
Juliette, jupe et cheveux au vent
Aperçut ce bel adolescent
La dévisageant, insolent
A l'écart, caché dans les champs
Venez plutôt m'aider, mon bel ami
Je connais votre nom, c'est Rémi
Le jeune garçon, surpris, ahuri
Finit par quitter son abri
Leurs mains se touchaient, parfois
Leurs regards se croisaient, souvent
Tendre fraîcheur de nouveaux émois
Cœurs accordant leurs battements
Ils repartirent, d'un pas uni
Les mains emplies, fleuries
Une jonquille tomba
Elle se pencha
Il la ramassa
Puis, tous deux, se relevant
Et d'un commun élan
Offrirent à leurs lèvres
Le cadeau du Printemps
Un baiser délicat,
Tout en réserve,
Doux comme du muscat
Humide comme la grève.
Hardie la petite Juliette de musarder seule à travers les champs !
RépondreSupprimerJoli poème aux notes fraîches de printemps ; l'amour est tendre à vingt ans :)
Bonne soirée Pierre, bises.
Il fallait bien qu'elle le soit (hardie) pour faire sortir de son trou le voyeur, Rémi ! :-)
SupprimerBon samedi, Julie.
Bises
Jolie ode à l'amour naissant tout comme l'est le printemps. :-)
RépondreSupprimerBonne soirée, Rom.
J'ai entendu, hier dans la matinée, Yves Simon chanter "Allez on va cueillir des pâquerettes, au pays des merveilles de Juliet", voilà le pourquoi de ces quelques vers.
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