Pascal
Mâchonne
L'ennui
L'automne
Monotone
Le bois
Du crayon
La voix
De Manon
Résonne
Son esprit
Engourdi
Exilé
Ailleurs
Rêveur
Atterrit
- Pascal, Pascal, dis nous ce que tu sais de Prévert
Pascal sourit
A la vie
A sa jolie
Belle
Nouvelle
Maîtresse
Si douce
Avec lui
Qui l'encourage
Par des "oui !"
Lui qui
N'avalait
Que des "non !"
Pascal sourit
Aussi
En pensée (de Pascal)
A son tonton
Lucien
Qui
Lui a offert
Un Prévert
Malgré un "non"
De son père
"Un Prévert ?
Allons bon ! "
Un Prévert
Puis un autre
Et un autre
Et un autre
Un pré
Suivi
D'une prairie
D'une plaine
De savanes
De toundras
Des lignes
Des pages
Des ouvrages
Que Pascal
Engloutit
Dévore
Des yeux
Avec sa tête
Avec son cœur
Des images
De bonheur
D'espoir
Car
Prévert
N'aimait
Que l'école
Buissonnière
Comme lui explique
Son oncle
Certains enfants
Ne comprennent pas
L'école
Et
L'école ne les comprend pas
C'est comme ça
Ces enfants
Font L'école buissonnière
Car l'école est prisonnière
De ses obligations
De ses prétentions
De ses règlements
Mais il ne faut pas lui en vouloir, tu sais
Elle fait ce qu'elle peut
Pas ce qu'elle veut
Elle est trop vieille
Pour votre jeunesse
Vous êtes trop jeunes
Pour sa sagesse
Elle a trop d'appelés
Et pas assez d'élus
Pascal raconte
Ce qu'il sait
Ce qu'il ressent
Ce qu'il comprend
Ce qu'il devine
Ce qui l'intrigue
Prévert
Était
Un grand poète
Il est né
En 1900
Tout rond
Comme ses yeux,
Grands
Ronds
Comme deux bonbons
Comme le Monde
Qu'il observait,
Doux
Bienveillants
Comme le Monde
Qu'il décrivait
Qu'il aimait
Prévert
Était
Son vrai nom
Pas besoin d'emprunt
Ni intérêt
Avec un tel nom
Avec un tel don
Jacques était
Son prénom
Comme Tati
Un grand poète
Lui aussi
Presque un sosie
Avec ses grands yeux
Ronds
Qui cajolaient
Le monde
Qu'il filmait
Et Puis
Ils fumaient
Tous deux
La pipe
Enfin
Pour Prévert
Non
Ce n'était pas
Une pipe
Comme le disait
Magritte
Mais tout de même
Une cigarette est une pipe
Nom d'une pipe !
Jacques a dit
Écrit
De belles choses
Sur les gens
Sur les roses
Sur le vent
Les couleurs
Sur son temps
Ses noirceurs
Sur l’amitié
La liberté
La fidélité
C'était un homme
De "Paroles"
Qui
A dit, écrit
"Les mots et les images voyagent bien mieux en dehors de leurs cages... sur les courants d'air à dos de nuages.
"
Prévert aimait
La liberté
D'expression
D'émotion
C'était un anarchiste
De cœur
Un affranchi
Des rimes
Qui se posaient
Où elles voulaient
Si elles voulaient
Nulle entrave
A l'émotion
A la chanson.
Sec chansons
Récitées par les plus grands
Piaf, Mouloudji, Reggiani,Montand
Ramassaient à la pelle
Des feuilles, mortes mais belles
Qui étaient comme elles étaient
Qui étaient faites comme ça
Que voulez-vous de plus ?
Que voulez-vous donc d'elles ?
Il a quitté l'école tôt
Après trop de retenues
D'ennui sous le préau
L'école ne l'a pas retenue
Pas assez de bons points
Trop d'encre sur les mains
Mr Prévert, au coin !
Au coin le poète,
Poète que l'on ne croise pas
À chaque coin de rue.
Mais la vie a son propre chemin
Et distribue
Comme elle veut
Quand elle veut
A qui elle veut
Au cancre ou au studieux
Ses bons points
Ses tableaux
D'honneur
De valeur
Ses rencontres
Ses hasards
Ses sourires
Ses épreuves
Ses jeux
Ses détours
Ses amours
Et Prévert fut servi
Bien servi
De l'entrée au dessert
Il aima souvent
Fut aimé autant
Se disputa parfois
Une fois, à vie
La vie est ainsi
Avec André Breton
Ses amis étaient
Poètes, peintres, écrivains, chanteurs, musiciens, comédiens,cinéastes.
Tanguy, Duhamel, Renoir, Queneau, Carné, Kosma, Aragon
Peut-on rêver de plus glorieux noms ?
Il aimait tous les arts
Réussissait dans beaucoup
Certains de ses dialogues habitent de nombreuses mémoires.
Michel Simon, Louis Jouvet, Jean Gabin, Michèle Morgan, Arletty étaient de somptueux porte-parole qui déclamaient dans "Drôle de drame, Quai des brumes ou Les Enfants du paradis
– Je vous assure, mon cher cousin, que vous avez dit : bizarre bizarre.
– Moi, j’ai dit bizarre, comme c’est bizarre !
- T’as de beaux yeux, tu sais
- Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour.
Prévert a ses détracteurs.
On ne peut plaire à tout le monde, surtout quand on n'est plus de ce monde.
Houellebecq traite Prévert de con, de libertaire et juge sa poésie médiocre.
Dommage qu'il le fasse maintenant, sans droit de réponse du poète.
Prévert aurait probablement haussé les épaules et pensé, sans l'écrire,
Dites de moi tout le mal qu'il vous plaira.
Vous en avez le droit.
Qui sait ? si vous m'aviez connu
Vous en diriez, peut-être, bien plus.
Manon lui sourit, Pascal se rassoit
- C'est bien, tu as un A, c'est à Prévert que tu le dois !
Un poème écrit à la Prévert, j'adore.
RépondreSupprimerPascal a eu raison de revenir. (sourire)
je l'aime bien, Pascal.
SupprimerAvec lui, je rajeunis :-)
Quel bonheur de retrouver Pascal Pascalou...
RépondreSupprimerJ'ignore quel lien vous unit, mais tu lui rends un doux hommage.
Merci Rom pour ton rafraîchissant poème.
Belle soirée. Bisous.
Merci Julie.
SupprimerC'est un camarade de classe primaire dont s'inspire le personnage de Pascal.
Il était relégué au fond de la classe, un peu à l'écart (les méthodes d'enseignement étaient sévères, le maître d'école écartait les "mauvais" éléments.)
Cet élève ne s'intéressait pas du tout à l'école mais il était doué pour les activités manuelles.
Bonne soirée, bises.