mercredi 30 mars 2022

Eurovision Song Contest-1956 à 1986 1/2

L'Eurovision de la chanson consacre rarement de grands talents.
Plusieurs artistes, comme Alain Barrière, Serge Lama, Gérard Lenorman, Patricia Kaas, s'y sont cassé les dents.
Ce concours demeure une vitrine intéressante sur l'évolution de la société.
Évolution musicale, chorégraphique, vestimentaire, technique, des couleurs, des effets de lumière, des décors, des mœurs, du jeu  de scène, statique ou dansé, de la longueur des robes, des chevelures, des micros, de la coupe des  pantalons,  des coiffures, des accessoires: cravates, nœuds papillon, colliers, broches, bagues, boucles d'oreilles, avec des allers-retours suivant la mode ou l'ignorant.
Merci à Lucas Schlager de m'avoir épargné un fastidieux travail de montage avec sa vidéo que j'ai découpée en deux périodes, celle de ce billet couvrant 31 années, de 1956 à 1986.
J'ai ajouté mes sous-titres pour égayer, je l'espère en tout cas, ces trois décennies chantées en dix minutes.
En haut, à gauche le pays vainqueur.
En bas, à gauche, le lieu de la compétition, l'année et le nombre de participants (entries)
En bas, à droite, le pays arrivé second (Runner up).
Visionnage en plein écran obligatoire, à moins de posséder une vision d'extraterrestre (pictogramme, en bas, à droite)



dimanche 27 mars 2022

Attention à la fermeture automatique des portières, attention au départ

 S'installer côté fenêtre et, à travers le verre épais, vieilli d'intempéries et de soleil, quelque peu obscurci, étourdi de paysages, observer mes prochains voisins, les futurs occupants, prolonger leurs adieux sur le quai, jeunes amoureux enlacés, héritiers de Doisneau ou de Peynet, baisers fougueux ou regards timides, confidences chuchotées au creux d'une épaule ou aveux exprimés avec force par des caresses appuyées , dessinant sur une main l'empreinte virtuelle de l'être aimé.
Imaginer leurs histoires, composer des familles, en défaire, deviner un lien de parenté, un trait de caractère.
Cette jeune fille qui halète, transpire, grimace, chargée comme un militaire prévoyant un bivouac , qui est elle ?
Son regard  de myope  s'approche très près d'une voiture, recherche le bon numéro, celui de son wagon, ce n'est pas celui-là.
Elle me parait très inquiète, vérifie son billet.
Est-ce la bonne heure, le bon train, la bonne voie ?
Je l'entends parler, presque pleurer, en anglais .
J'ai envie de descendre, de l'aider.
Un cheminot me précède et, comme un berger, conduit cette brebis égarée.
Un vieux couple, d'apparence bourgeoise, avance rapidement, pas assez  visiblement pour madame, vers mon wagon.
Monsieur me parait résigné -a t'il abandonné toute lutte au fil des années?- obéissant, discret, la tête inclinée vers le sol, peinant à tirer des valises sur roulettes alors que son épouse, qui ne porte que son sac à main, lui crie la cadence,
comme un barreur dans un équipage d'aviron, le sermonne
"Mon pauvre ami, quel empoté vous faites !"
Ce vieil homme a t'il voulu, choisi, ce voyage ? cette épouse ?
Un homme entre deux âges, grand, large, gros, imposant, balaye tout sur son passage, fouette l'air avec ses deux bagages, bouscule sans ménagement des enfants d'une famille nombreuse, hausse les épaules pour toute réponse aux jurons du père et s'engouffre à l'intérieur.
Un trio, composé de deux jeunes filles blondes et d'un jeune homme svelte et élégant, discute avec le monde numérique.
Ils tapotent tous les trois, comme des télégraphistes, une triplette de journalistes travaillant pour une agence: Instagram,Twitter ou WhatsApp , et racontant, en temps réel, leurs exploits !
L'une des deux est-elle une princesse et lui un prince charmant, peut-être pas encore fixé sur son choix ? Ou est-il un simple cavalier qui escorte un couple moderne de jeunes filles, éprises de féminin ?
Les derniers retardataires arrivent, un coup de sifflet annonce la fermeture définitive des portes, un drapeau se lève, la locomotive s'échauffe par ses premiers exercices de tractions.
Sur le quai, des mains agitent des aurevoirs, font glisser des baisers soufflés, des foulées accompagnent les ébranlements qui naissent sur les rails, accordent pour un court instant leur vitesse avec celle du train puis stoppent dès qu'elles deviennent trop inégales.
La place, côté couloir, n'est pas encore prise et je guette avec curiosité, appréhension, qui sera mon compagnon (ma compagne) de voyage.
Par tous les Dieux des voies ferrées, des express, des TGV, pas lui, s'il vous plaît, pas lui, pas ce ventripotent et indélicat géant  !
Il occupe, à lui seul, toute la largeur du couloir, approche ma rangée.
Mais comment diable va t'il pouvoir s'asseoir à mes côtés ? Lui, recroquevillé et moi plaqué contre la fenêtre ? Et comment aller aux toilettes sans déranger cet éléphant ? Nos pauses devront être coordonnées.
Il me regarde puis se dirige, un peu plus loin, vers un carré dont il va occuper deux places, dans le sens de la marche, une et demie pour lui, la moitié restante pour l'un de ses bagages.
Ouf !
Une belle jeune fille brune, vêtue d'une courte jupe rouge, se dirige vers moi.
La place est libre ! lui dis-je en pensée.
Ma première prière ayant été exaucée, les Dieux seraient-ils fâchés d' en entendre une seconde ?
Qui sait si leur bienveillance à mon égard ne pouvait  s'offusquer d'une nouvelle demande, abusive, et que ma punition serait alors  pire que celle évitée par ma supplique ?
Elle s'assoit à côté d'un adolescent acnéique qui écoute, au casque, de la musique et dodeline sa tête comme ces petits chiens, ces figurines, le font sur la plage arrière d'un véhicule.
Tant pis !
Finalement, un quinquagénaire, très british, pantalon et veste en tweed, s'assoit à mes côtés et se présente, très poliment.
J'avais l'impression qu'il aurait soulevé son chapeau, s'il en était coiffé, en s'adressant à moi.
Excellent choix, là-haut, merci !
Le train annonce ses arrêts, ses destinations, ses pauses en enfilant des noms, prononcés au micro, comme des perles, comme une joyeuse farandole.
Sur des petites lignes , c'était un véritable casting de voyage, par ordre d'apparition à l'écran : La Ciotat, Aubagne, Bandol, une trilogie à la Pagnol.
Les kilomètres, les heures défilent, les régions traversées me font de l’œil, déclinent leurs identités, leurs individualités, plaines, rivières et collines, villages comme horizons, fumées lointaines de cheminées, travailleurs aux champs, paisibles troupeaux couchés dans des prairies ou y paissant, ouvrages d'art, ponts majestueux , viaducs et le train qui les franchit , funambule sans danger, entre ciel et eau.
Je lis et m'assoupis, bercé par le petit bruit du roulement.
Le silence est presque total dans le wagon, parfois le ronflement d'un voyageur cesse, à peine né, par l’intervention d'une présence voisine qui y veille ou automatiquement par son auteur, lui-même réveillé par cette gêne sonore et qui jette un rapide regard circulaire pour s'assurer qu'il est le premier et le seul à avoir entendu cette respiration contrariée.
Un autre voyage commence, durant mon demi sommeil, mêle réalité et rêve, passé, présent et futur, s'affranchit des contraintes de l'espace et du temps et projette, sur le double écran  de mes souvenirs et de mes désirs, mes anciennes rencontres, mes amours à venir, les fonds de mers couverts de coraux, des jungles luxuriantes envahies des cris de singes hurleurs, des déserts balayés, disparaissant sous des tempêtes de sable et proposant l'abri de tentes de nomades, m'invitant à patienter en partageant le thé de l'hospitalité.
J'ai eu la chance de monter dans de nombreux trains, en France, en Europe, dans le monde.
Des trains rapides,  directs, des chenilles, des omnibus, des trains touristiques, des trains ponctuels, des trains fidèles à leur retard, des trains sans heure qui ne démarrent qu'une fois pleins, des trains qui proposent autant de places à l'extérieur qu'à l'intérieur - trajet périlleux pour ceux qui voyagent accrochés à une rampe, juchés sur un marchepied, assis sur le toit- des trains sans billet pour les touristes, au Cambodge, afin de ne pas être poursuivis par les assurances en cas de pépin !
J'ai connu le confort des T2, voitures privées pour deux, avec lit et cabinet de toilettes.
Faire délicieusement l'amour dans un train de nuit puis être alertés, au matin, après le petit déjeuner servi en chambre, par un savoureux accent italien "Arriviamo, Venezia Santa Lucia" et  admirer dans le couloir le pont de la Liberté, qui relie Venise à la terre ferme, est un souvenir inoubliable, prolongé par la vision féerique, lumineuse, éblouissante, au sortir de la gare ferroviaire, du Grand Canal.
J'ai, également, eu le privilège de me plonger dans une autre époque, celle de l'Orient Express, le roi des trains, le train des rois, et de son intérieur luxueux: cuir et bois, larges banquettes, lampes de chevets, piano bar, gastronomie fine, et des paysages qui défilent lentement, en accord avec l'ambiance reproduite par le décor, l'éloge de la lenteur qui mériterait un texte entier pour lui faire honneur.


Michel Delpech - L'amour en wagon-lit
Entre Nice et Paris, pour lui.
Entre Paris et Venise, pour moi


Paul Mirabel - Le courage de l'autodérision

Nonchalamment, il alterne des pauses habiles avec un récit rapide de timide qui se débarrasse de sa parole, s'allège d'un fardeau.
Le texte est drôle, bien écrit, joue sur les contrastes.
La voix est douce, le ton nouveau et original.
J'aime beaucoup.


 

samedi 26 mars 2022

A deux, on passe à 3

Un ami m'a appelé aujourd'hui pour me demander si j'avais un trou dans mon emploi du temps  dimanche.
-Oui, un trou énorme, une heure complète entre 2 heures et 3 heures.
-Tu te moques de moi ?
-Pas du tout, on change d'heure ce week-end.
-Je n'étais pas au courant !
-Tu retardes alors ! Méfie toi car dimanche, c'est l'inverse, on avance. Pas de deux demain, je ne parle pas de danse, hein ! mais de la ronde folle des heures, 2 n'existera pas ou si peu, à peine le temps de compter jusqu'à 3, et encore ! Cela s'appelle le passage à l'heure d'été, tu imagines ! A croire que l'on n'avance pas seulement d'une heure mais également d'une saison !
-Sérieusement, on peut se voir à quelle heure ?
-J'avais bien une heure à perdre mais on me l'a volée ou, si tu préfères, j'avais une heure à tuer mais quelqu'un s'en est déjà chargé.
- Arrête  de chercher midi à quatorze heures !
Il était remonté comme une pendule.
-Je chercherais plutôt midi à onze heures si j'étais toi.
-Il y a une expo permanente de peintures de Dali, consacrée à ses montres molles
-Permanente ?
-Oui, 24h/24, 7j/7
-Tu veux dire 23h/23 ?
-Si tu veux, on n'est pas à une heure près
-Eux non plus.
-Heu ?
-Non pas heu mais eux, les décideurs, les ravisseurs d'heure. SI j'en tenais un, tu peux me croire, il passerait un mauvais quart d'heure.
-Alors, on y va à quelle heure ?
-Ton heure sera la mienne, c'est toujours ça qu'ils ne pourront pas me prendre.
-Quinze heures, cela te va ?
-Nouvelle heure ? ce n'est pas une heure de pointe, au moins ?
-L'actuelle !
-L'actuelle de dimanche alors.
-Voilà ! on y est arrivé finalement, à la bonne heure !
-Bonne je ne sais pas mais juste, je l'espère ! Dis-moi, tu es certain que cette expo est ouverte à toute heure ?!
-Oui, l'employé ne compte pas ses heures !
-Tant mieux pour lui, car dimanche  il peut mettre une croix sur une heure supplémentaire ! Il ne dort jamais ?
-Si, à ses heures perdues
-La visite dure combien de temps ?
-Une bonne heure à tout casser.
-A tout casser ? Dieu m'en préserve ! Ces montres molles ont beau ne pas donner l'heure, cela ferait cher de l'heure ! Ou alors, il faudrait choisir notre heure, celle où l'employé la perd, étant endormi.
Là, oui, on pourrait faire un malheur !
-Petit malin !
-Oui, à mes heures...

vendredi 25 mars 2022

Juliette

Juliette s'en allait, le cœur chantant
Vers des prairies, garnies de printemps
Où  Mars, galamment, écarquille
Les  pétales solaires de jonquilles

Penchée vers le sol vêtu de saison
Elle cueillait les premières floraisons
Qu'elle tressait, d'un brin de verdure
Sur sa jupe plissée, couleur azur

Une hirondelle s'enivrait de ciel
Puis, étourdie ou infidèle,
Ployait une branche nouvelle
D'un cerisier qui, surpris par ce rituel
Rosissait comme une jouvencelle

Juliette,  jupe et cheveux au vent
Aperçut ce bel adolescent
La dévisageant, insolent
A l'écart, caché dans les champs

Venez plutôt m'aider, mon bel ami
Je connais votre nom, c'est Rémi
Le jeune garçon, surpris, ahuri
Finit par quitter son abri

Leurs mains se touchaient, parfois
Leurs regards se croisaient, souvent
Tendre fraîcheur de nouveaux émois
Cœurs accordant leurs battements

Ils repartirent, d'un pas uni
Les mains emplies, fleuries
Une jonquille tomba
Elle se pencha
Il la ramassa
Puis, tous deux, se relevant
Et d'un commun élan
Offrirent à leurs lèvres
Le cadeau du Printemps
Un baiser délicat,
Tout en réserve,
Doux comme du muscat
Humide comme la grève.

Acrobaties musicales - Battements lents, rapides, normaux- La cadence des émois

 

                        Jean Sibelius , Valse Triste - Vidéo ralentie

 
                            Après la valse lente, le rock acrobatique.
                      Adriano Celentano, Svalutation- Vidéo accélérée

 

         Pour Julie, Franz Liszt - Hungarian Rhapsody no 2, Vitesse normale


jeudi 24 mars 2022

Dieu est humour

Juste pour rire, sans aucune volonté d'offenser, je suis croyant (en esprit, pas à la lettre) . Illustrations amusantes, chinées sur le NET, que j'ai légendées.
 
Ils disposent de 30 jours pour le renvoyer, au cas où...
 Comment, dans ces conditions, être lavé de ses pêchés ou être baptisé ?


Aux innocents les mains vides, dire que toutes les données se trouvent dans les nuages, sur le Cloud

Pardonne lui, Seigneur, il ne sait pas ce qu'il dit, c'est un simple d'esprit, un supporter dune équipe de foot, de l'AS Roma
Allez, quoi, juste un mot, le dernier ! Dépêchez-vous, je commence à avoir des crampes, moi !

                    Jésus ou l'homme invisible, complètement nu ?

             
      Pour traverser à tout prix, la foi n'a pas de prix...

Et le Vatican à Madrid ? Le pape François sera ravi d'apprendre les castagnettes

Ces policiers, quels mécréants ! Méfie toi, petit képi, il te faudra une attestation d'entrée, un jour...
Il faut espérer que ce désir de rencontre n'affecte pas celui qui a klaxonné, en face, en arrivant en sens inverse
Il faut être précis, l'écriture sur pierre est peu tolérante aux erreurs
                        Un petit côté JCVD, Jean-Claude Van Damne ?
Joseph: demande à ta mère ! Marie: demande à l'archange Gabriel !
Jésus: je ne suis pas tombé du ciel, tout de même !

                    Le premier est le roi des juifs, le suivant celui de l'évasion

Judas: Je ne comprends pas un traître mot ! Cette pièce est trop grande, Jésus, il y a de l'écho !
Ses premiers amis sur Facebook, quelle photo Jésus a-t-il choisi pour son profil ?
                           Plus difficile à trouver que Johnny ! :-)
                                                Judas, ton doigt !!
Sœur Hortense, vous admirez les détails de l’œuvre ? Une petite nostalgie ?  ou vous vérifiez la circoncision ?        


       

         Jésus croit au père Noël ! les enfants  croient aux cadeaux

  Jésus dans son one-God-show