L'enfant court, court, court
Encouragé par son père
Encouragé par la mer
Qui part et revient
Respire bruyamment
Comme l'enfant
Qui court, court
Sur une grève
Sur une piste
En criant
En donnant
De la vitesse
De l'ivresse
A l'envie
A la vie
Qui sommeille
Avant l'éveil.
Ses foulées
Piétinent
Le sable
Piétinent
L'impatience
Implorent
Le vent.
Il se retourne
Parfois
Observe
Un animal
Étonnant
Rampant
Pour l'instant
Tenu en laisse
Maintenu en vie
Par un fil ténu.
L'enfant court
Et s’essouffle
En attendant
Que le vent
Souffle
Soulève
Le sable
Ses cris
Ses vœux
Ses cheveux
Et emporte
Cet oiseau
Flamboyant
Qui monte haut
Très haut
Déploie
Son envergure
Sa tête
Ses ailes
Sa queue
Joue avec les cieux
S'enivre de bleu
Joue avec le vent
Sifflant
Vibrant
Qui apprend
A son enfant volant
Les piqués
Les voltiges
Les tournoiements.
L'enfant regarde
Émerveillé
Joyeux
Curieux
Cet arc-en-ciel mouvant
Qu'il voit se rapprocher
S'éloigner
Avec grâce
Avec volonté
La volonté
De plaire
Au vent, son père
La volonté
De ne pas décevoir
Les cieux
Les dieux
Les yeux
Amoureux
De l'enfant
Qui apprend
Et comprend
La pression
L'insistance
Entre ses doigts
De ce fil
Qui se tend
Impatient
Exigeant,
Exigeant
L'émancipation
L'affranchissement
Réclamés par le vent
Espérés par l'oiseau.
L'enfant comprend
Et apprend.
Malgré l'opposition paternelle
Ou, peut-être, à cause d'elle
Car ce "non" est comme un fil, un fil jumeau
Il choisit un galet
A l'arête aiguisée
Et coupe les chaînes
Lâche le fil, les ailes
Et crie "Sauve toi !"
Et crie de joie
Et crie "Hourra !"
Et rit
Après un dernier merci
Dessiné
D'une pirouette
Par l'oiseau
Reconnaissant
Fuyant
Vivant
Disparaissant
Succombant
Au chant
Éthéré
D'une sirène
Nommée
"Liberté"
mardi 28 février 2023
Liberté
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Je n'ai jamais eu de cerf-volant, j'aurais aimé pourtant. Tout comme ce petit garçon, j'aurais vécu ce moment intensément, un moment magique, un moment merveilleux. J'aime la fin de ton texte (et le texte tout entier d'ailleurs), les oiseaux ne devraient jamais être privés de liberté, même les oiseaux cerf-volant. :-)
RépondreSupprimerBonne fin de journée, Rom.
Je n'ai pas eu de cerf-volant, moi non plus, mais je me suis rattrapé avec mes enfants.
SupprimerUn jour, sur une dune vendéenne, un dragon en furie s'est échappé et mon fils, comme hypnotisé par le ballet des figures aériennes et la vigueur de cette fuite, a suffisamment apprécié le spectacle offert pour ne rien regretter.
Bonne fin de journée, Françoise.
J'aime ce poème ruban de soie accroché à la patte d'un oiseau arc-en-ciel, ruban qui se défait doucement au fil de la lecture en nous glissant des yeux... Simplement beau, bravo Rom !
RépondreSupprimerBonne soirée, bises multicolores.
:)
Et moi j'aime ce magnifique commentaire !
RépondreSupprimerMerci Julie !
Bonne soirée, bises.