dimanche 6 février 2022

Sale temps

Ils ont fui
La famine
La terreur
La mort
Ils ont quitté
Leur pays
Leurs amis
Leur soleil
Pour un billet de loterie
Qui
Pensent-ils
N'a pas de prix
Réglé
Par de maigres économies
A des marchands sans âme
A des passeurs d'âmes
Un billet de loterie
Dont le prix
Est parfois
La vie

Serrés
Entassés
Ballottés
Amaigris
Affaiblis
Affamés
Déshydratés
Frigorifiés
Brûlés
Aveuglés
Apeurés
Silencieux
Ils voguent
Sur l'espoir
Cahotant
Sur l’infini
Sur la colère
Aveugle
Du temps
Sur la froideur
Apathique
Du Monde
Sur l’inconnu
Sur une roue
De loterie

Un petit enfant
Noir
Froid
Drapé d'algues
Vertes
Endormi
A l'infini
Recroquevillé
Sur le fini

Cet enfant
Rejeté
Par la mer
Par l'oubli
Repose
Sur le sable
Doré
Chaud
Sous le ciel
Si bleu
Insouciant
Indifférent

Un petit crabe
Jaune
Lui tient compagnie
Lui
Et quelques coquillages
Blancs
Serrés
Entassés
Sous sa main
Livide
Bleuie
Caressée
Consolée
Par le sac
Le ressac
D'un océan
Pénitent

 

 

Histoire d'adoucir ce récit, une version revisitée par Kimberose d'un succès de Nicoletta 


 

7 commentaires :

  1. Ecrit avec les tripes...
    Malgré l'horreur du sujet, la dernière strophe est empreinte d'une douce poésie multicolore... bravo Rom ! Triste mais bel hommage.
    Bon dimanche quand même.

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    1. La variété des couleurs est une métaphore.
      Pourquoi diable devrait-on s'émerveiller de cette diversité et se méfier de celle des Hommes ?
      Bon dimanche.

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  2. Je viens ici pour la première fois et certainement pas la dernière La couleur, oui, parlons en ! Mais plutôt comme tu le fais dans ta réponse à Julie. Cette couleur qui permet de rendre notre quotidien plus lumineux et qui paradoxalement divise les humains. Bonne journée.

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    1. Bienvenue Chinou, après avoir visité votre blog je perçois l'importance de la couleur dans vos œuvres.
      Merci pour votre visite, bonne fin de journée

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  3. La mort d'un petit garçon victime de l'absurdité et l'appât du gain de ces hommes sans scrupules ni morale. Je revois encore l'image de cet enfant sans vie gisant sur la plage, image insoutenable. Tes mots l'expriment très bien, Rom.
    Quant à la chanson, jolie version, mais je la préfère chantée par Nicoletta.
    Bon début de semaine à toi.

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  4. Bonjour Françoise et merci pour ton commentaire.
    Il est rare, exceptionnel -en ce qui me concerne- qu'une cover surpasse l'original.
    L'interprétation de Kimberose est "apaisée", la douleur de la séparation est atténuée, adoucie, à l'état de souvenir.
    Celle de Nicoletta est à vif,non acceptée, brûlante comme le soleil.
    Bonne fin de journée.

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  5. Très jolie version de Kimberose.
    Elle adoucit, c'est vrai, la cruauté de ce destin d'enfant, symbole de la folie des hommes.
    •.¸¸.•*`*•.¸¸✿

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