mardi 28 mars 2023

Kids in movies, les enfants au cinéma

Les  extraits sont plus longs que d'habitude et le contenu assez conséquent (même si je me suis limité, j'ai matière à faire deux fois plus de montages), ce qui explique les nombreuses vidéos illustrant ce billet. Vous pourrez, si vous le désirez bien sûr, les visionner à votre rythme.
Merci !

Ici, je ne parlerai pas d'enfants prodiges, même si certaines exceptions existent, mais plutôt d'enfants précoces, doués ou parachutés par le hasard (le hasard s'appelant parfois parents ou réalisateurs,etc)
Il y eut beaucoup d'appelés mais peu d'élus.
Contrairement à d'autres disciplines artistiques, en grandissant, en vieillissant, les rôles et le jeu d'acteur changent, inévitablement.
Et puis, pour certains enfants, ce ne fut qu'une expérience intéressante qu'ils ne cherchèrent pas nécessairement à prolonger.

Très tôt, dans les années 30, Les studios d'Hollywood ont compris le bénéfice qu'ils pouvaient tirer des jeunes enfants acteurs.
Baby Burlesks (Bébés burlesques) est le titre d'une série de huit films de fiction américains, produits par Jack Hays pour Educational Pictures  , sortis en 1932 et 1933.
Les huit films sont des satires sur des grands films, des stars de cinéma, des célébrités et des événements contemporains. Certains de ces films sont parfois racistes et sexistes. La distribution consiste en des enfants d'âge préscolaire, vêtus de costumes d'adultes mais avec cependant des couches attachées avec de grandes épingles de sûreté.
Beaucoup d'enfants-acteurs de la série ont été recrutés à l'école de danse de Meglin à Hollywood. Ces enfants, quand ils ne répétaient pas ou n'étaient pas en tournage de films, étaient envoyés par le studio afin de tourner des publicités pour une variété de produits, dont des céréales de petit déjeuner et des cigares.
La série est notable pour les premières apparitions à l'écran de Shirley Temple, alors âgée de trois ans. Dans son autobiographie de 1988, l'actrice décrit le Baby Burlesks comme « une exploitation cynique de notre enfance innocente » (a cynical exploitation of our childish innocence). Elle a également dit que ces films étaient « les meilleures choses que j'ai jamais faites », ce qui révèle un paradoxe que l'on retrouve dans plusieurs témoignages de ces enfants "stars".
Il reste que ces images, en faisant abstraction
des conditions pas toujours glorieuses de leur réalisation , de jeunes enfants "jouant" aux grands, sont souvent craquantes .
En 1934, le code Hayes (officiellement appelé Motion Picture Production Code en anglais)  régulera le contenu de la production des films en donnant des recommandations sur ce qu’il est convenable ou pas de montrer à l’écran. Appliqué de façon stricte de 1934 à 1952, puis de façon de moins en moins rigoriste jusqu’en 1966, ce texte fait suite à de nombreux scandales entachant l'image de Hollywood, dont l'affaire Roscoe Arbuckle (acteur et réalisateur du cinéma muet américain)

L'affaire Roscoe Arbuckle
Le 5 septembre 1921, durant une fête privée , l'actrice et modèle Virginia Rappe est prise de violentes douleurs abdominales. Un docteur est appelé et Virginia Rappe conduite dans une autre chambre de l'hôtel.
Quatre jours plus tard, le 9 septembre, Virginia Rappe meurt d'une péritonite due à une rupture de la vessie. Maude Delmont, qui l'accompagnait à la fête, se rend à la police pour déclarer que Virginia Rappe est morte après un viol perpétré par Roscoe Arbuckle.
Le 11 septembre, Roscoe Arbuckle est arrêté, accusé du viol et de l'homicide de l'actrice.

L'application stricte du code Hayes fut exigée par le pape Pie XI, les évêques américains fondent une Légion de la Décence qui va mener une virulente campagne, une de leurs cibles étant ces films avec de très jeunes enfants, ce ce qui ne manque pas de piment lorsque  l'on connait les nombreux scandales de pédophilie liés à l’Église.

Brigitte Fossey raconte les conditions du tournage de "Jeux interdits"
Le tournage de Jeux interdits s'est déroulé en deux temps. En effet, René Clément avait d'abord tourné le film comme un court-métrage. C'est sous les conseils de Jacques Tati que le réalisateur reprit le tournage six mois plus tard pour en faire un long-métrage. Une reprise qui nécessita des ajustements, surtout pour les enfants.
Dans un entretien en 2001, Brigitte Fossey se rappelle avoir d'abord été refusée par René Clément, qui la trouvait trop petite. Mais sa femme, Bella, l'a convaincu de faire un essai avec elle. Et c'est alors justement son insouciance, liée à son jeune âge (5 ans), qui a permis au réalisateur de mieux la diriger. Ce qui n'empêcha pas quelques difficultés pour tirer de l'enfant l'émotion désirée. Comme pour la dernière scène, lorsqu'elle est seule dans l'orphelinat.
Toujours dans cet entretien, Brigitte Fossey se rappelle :
C'était le dernier jour du tournage et j'étais très contente. Je devais partir en vacances de Pâques, on devait m'offrir une jolie bicyclette rouge.
Problème, la jeune fille est, à l'inverse, supposée être dévastée d'avoir été arrachée à son ami Michel. René Clément n'y est alors pas allé de main morte, quitte à risque de la traumatiser :
 Il a tout essayé. Il m'a dit "tu n'auras pas ta bicyclette si tu ne pleures pas". Je savais que c'était pas vrai donc ça n'a pas marché. Et un moment donné il a dit "ta maman va partir, elle va te laisser toute seule". Maman a joué le jeu pour que je réussisse. Elle est partie. C'est dire à quel point il savait manipuler les comédiens.
Heureusement, ce tournage n'a pas eu de conséquences néfastes sur la comédienne qui, au contraire, ne tarit pas d'éloges sur René Clément. C'est d'ailleurs plutôt après que le traumatisme est apparu. Lors de la projection de Jeux interdits à Cannes. Brigitte Fossey assistait pour la première fois à une projection et, soudain, tout ce qu'elle avait fait lui paraissait terriblement vrai.
Là j'ai vu les bombardements. J'ai vu les avions. Et j'ai été complètement traumatisée et j'ai dit à ma mère que je ne voulais plus jamais le voir.
Ce n'est que plus tard, une fois adulte, qu'elle le reverra avec toujours autant d'émotion.  

Acteurs éphémères, utilisés parfois pour illustrer l'enfance de certains rôles, ou confirmés comme Shirley Temple, Mickey Rooney, Judith Garland, Elisabeth Taylor, Patty Duke, Jean-Pierre Léaud ou encore Brigitte Fossey, les enfants occupent une place importante et à part dans le cinéma .
Certaines scènes où ils évoluent figurent parmi les plus touchantes, les plus poignantes, les plus émouvantes du 7ème art.

  Si votre connexion réseau est satisfaisante, préférez la résolution 720p


Vidéo 1


 

Vidéo 2


 

 Vidéo 3


 Vidéo 4


Vidéo 5

 


5 commentaires :

  1. Le plaisir est pour moi, chère Julie.
    Merci de prendre sur ton temps pour visionner ces montages.
    Bonne soirée, bises.

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  2. correction : si je pourrais le regarder

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  3. Et enfin , Le petit Nicolas, film que je n'ai pas vu, mais dont j'ai entendu parler.

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  4. Oui, Françoise, j'avais remarqué que tu étais une cinéphile avertie.

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