vendredi 3 mars 2023

Regards Fugitifs - 2/2 Rien ne va plus - Un père et manque

Prologue

Mes grands-parents paternels étaient beaux, très beaux.
Mon intention première, la première idée saugrenue ayant surgi dans mon esprit, était de terminer mon récit après cette simple phrase. Ils étaient beaux, point.
C'eut été injuste, quelque peu frustrant et, finalement, la rédaction de ce second volet me prouva combien j'avais tort.
Curieusement, un certain détachement m'accorda une liberté d'expression qui me paraissait difficile à obtenir et puis la vie de mes grands-parents mérite, au moins pour partie, d'être écrite.
Une grande partie de cette histoire me fut racontée par mes parents, une petite partie par mon grand-père.
Ma grand-mère, elle, parlait peu et uniquement pour se plaindre ou pester contre ses petits-enfants.
Reprenons ou, plus exactement, commençons  :-)

Mes grands-parents paternels étaient beaux, très beaux.
Mais la beauté n'est pas ce que l'on fait de mieux dans ce monde, notre mérite est inexistant, une sculpture ne saurait s'attribuer le savoir-faire de son créateur.
La beauté est un don, un avantage en nature mais également un piège, un écueil pour ceux qui s'en contentent et négligent leur esprit ou leur âme.
La beauté est-elle l’œuvre de Dieu ou du diable ?
Sur cette photo, mon grand-père, François, est habillé en soldat, veste militaire et calot assorti, le col de chemise fermé complètement jusqu'au petit bouton responsable d'un léger inconfort que tous les hommes, de ma génération et d'autres, plus anciennes, ont connu.
Il est souriant, pourtant son expression m'évoque plus le contentement ressenti par un combattant ayant accompli son devoir qu'une joie de vivre que l'on souhaite immortaliser.
C'était des citadins, ils étaient d'une classe sociale aisée, tout au moins après mariage pour ma grand-mère, et cela se reflétait sur leur peau, sur leurs visages, leurs mains.
Leur peau était peu abîmée par le soleil, leurs mains étaient lisses, celles de ma grand-mère maternelle, Carmen, présentait des callosités, des crevasses comme une empreinte indélébile de la terre caillouteuse qu'elle avait longtemps travaillée pour y creuser des sillons.
Les mains d'Amelia, ma grand-mère maternelle, étaient peu marquées, lisses, probablement douces, je n'ai jamais reçu une caresse de sa part pour en être certain.
Mon grand-père était tombé éperdument amoureux de cette jeune fille qui était, elle, tombée éperdument amoureuse de sa situation, si bien qu'elle abandonnât très vite son ambition première de devenir couturière pour se consacrer, avec son futur époux, à l'art du commerce.

Mon arrière grand-mère, fille d'un couple fortuné de viticulteurs, devint orpheline très jeune, à l'âge de vingt ans, ses parents ayant succombé, un hiver, à une grippe espagnole, précurseur de celle qui ravagea le monde après la 1ère guerre mondiale.
Elle avait un frère qui hérita des terres, des vignobles; le partage lui accorda un magasin de vins et spiritueux et une jolie maison aux alentours de Madrid.
Elle épousa un jeune Français, fils unique et lui-même orphelin, et mourut en couches après avoir donné naissance à leur unique enfant, mon grand-père: François.
Mon arrière grand-père resta seul et se consacra à la tenue du commerce, qu'il fit prospérer, et à l'éducation de son fils.
Il était déjà veuf depuis une vingtaine d'années quand on le retrouva, tard dans la nuit, allongé, la tête fort ensanglantée, dans un caniveau qui descendait une rue de Madrid.
Sa tête avait probablement heurté, dans sa chute, l'un des deux petits murets.
On ne trouva aucun témoin, apparemment mon arrière-grand-père avait quitté une taverne passablement saoul, et la police classa l'affaire.
Ainsi mourut le père du père de mon père, un petit filet d'eau se teintant d'une vie qui le quittait.

Mon grand-père, après de brillantes études dans un lycée privé français, occupa un poste à l'ambassade de France, à Madrid, fonction qu'il abandonna, à la mort de son père, pour prendre la direction du magasin, situé en plein centre de la capitale, qui lui revenait en héritage.
Il avait alors 25 ans, était marié,  et menait grand train, un train probablement trop grand.
Leur belle villa, située à la périphérie de Madrid,  était gérée par une armée de domestiques, majordome, femmes de ménage, jardiniers et plus tard des nurses.
Amelia était une femme coquette, aimant le luxe, et ne regardant pas à la dépense, pour ce qui la concernait.
Sa générosité envers elle-même n'avait d'égale que sa radinerie envers les autres, y compris son époux ou leurs cinq enfants dont les tenues, très modestes, contrastaient avec la richesse de ses toilettes. Je ne serais pas surpris si j'apprenais qu'elle était détestée par les gens de maison, ils ne devaient pas souvent être à la fête avec pareil tyran.
François était un homme dur en affaires, dur à la tâche, dur au combat mais faible, si faible lorsque sa femme était à ses côtés, faible et aveuglément confiant.
C'est Amelia qui gérait la trésorerie.
En moins de cinq ans, le magasin qui avait mis plusieurs générations pour naître, grandir et occuper une place que beaucoup lui enviaient, fit faillite.
Ce fut la ruine, adieu magasin, maison, domestiques, grande vie.
D'après ma mère, le côté panier percé de ma grand-mère ne pouvait, en aucun cas, expliquer à lui seul une telle descente aux enfers.
Elle m'apprit qu'Amelia aimait le luxe mais également les hommes, les hommes jeunes, que son mari avait des cornes à faire pâlir les plus beaux taureaux d'arène et qu'elle se serait amourachée d'un gigolo qui aurait pris dans ses poches ce que elle-même volait dans celles de son époux.
Une de mes tantes, la plus jeune, était grande, très grande, la plus grande, rousse, très rousse, et ces très, comm
e ses traits, s'écartaient trop sensiblement de ceux de la fratrie ou de ses ancêtres présumés pour qu'on ne puisse imaginer une cause très naturelle à cette apparente anomalie des lois de la génétique.
C'était un secret, connu de tous mais tu par tous.
Personne, autant que je sache, ne l'évoquât autrement que dans une intimité réduite.

D'après mon père, ses parents avaient contracté des placements hasardeux et mon grand-père, qui connaissait  les infidélités de sa femme, avait, peu à peu, délaissé le magasin et commencé à jouer aux cartes dans des tripots clandestins où il perdit bien plus que sa chemise.
Ces deux versions différaient partiellement mais elles avaient, en dénominateur commun, le vice.
Les ventes du magasin et de la maison suffirent à éponger les dettes, la somme restante leur assura une issue décente.
Peu avant que n'éclate la guerre civile, mon grand-père, qui avait conservé de bonnes relations avec l'ambassade de France, obtint un poste au consulat, à Casablanca, le Maroc était alors  sous protectorat français.
Mes grands-parents, avec leurs cinq enfants, mon père étant le petit dernier, un petit dernier pas vraiment désiré, partirent s'installer dans la ville blanche.
En 1941, alors que rien ne l'y obligeait, mon grand-père décida de rejoindre les Forces françaises libres à Londres, après avoir réussi à négocier un arrangement "amical" avec le consulat français qui continua à verser une partie de son salaire à ma grand-mère, un emploi fictif en échange d'un combat réel.
François, après quelque temps, fut formé au sein des Forces françaises aériennes libres et se distingua lors de ses sorties dans les airs, ce qui lui valut de nombreuses médailles dont une, celle dont il était le plus fier, fut épinglée, sur le côté gauche de sa veste militaire, par le Général de Gaulle.
Une blessure de guerre, à la jambe, causa une légère claudication que je lui ai toujours connue.
Il revint donc, couvert de médailles et en apportant un autre petit secret de famille, la plus jeune de mes tantes, que je ne connus jamais, née à Londres et tenue, bébé, dans les bras de son papa, François, comme l'avait découvert ma grand-mère sur une photo que son époux n'avait nullement cherché à dissimuler.
Je me demande parfois, et mon père devait probablement se poser, lui aussi, la question, si d'autres secrets avaient gazouillé sans qu'on les entende.
En 1955, le Maroc céda sa place à l'Algérie, Casablanca la sienne à Oran, la radieuse.
C'est donc en Algérie, alors française, que ces deux familles de mon arbre généalogique se rencontrèrent, ma grand-mère maternelle et ses cinq enfants d'un côté, mes grands-parents paternels et leurs cinq enfants de l'autre.
J'ai peu de souvenirs de cette époque mais mon frère aîné m'a raconté la terreur que lui  inspirait, déjà, notre grand-mère maternelle, qui avait la main leste, et le désintérêt, presque total en  apparence, de mon grand-père qui se contentait de grommeler  lorsque Claude, mon frère aîné, s'amusait à donner une grande vitesse à son tricycle et frôler l'assise de son aïeul.
Ma mère me racontait que Claude allait si vite, frôlait de si près son grand-père que le journal, qu'il lisait, en tremblait.
En 1962, peu avant la déclaration fixant l'indépendance de l'Algérie, nous primes le bateau en direction de Marseille, point d'entrée en France.
Ma grand-mère maternelle accompagna mes parents et leurs trois enfants pour s'installer à St Nazaire.
Mes grands-parents paternels accompagnèrent l'un de mes oncles avec sa femme et leurs deux enfants pour rejoindre Brest.
La plus grande partie de ma nombreuse famille, oncles et tantes, cousins et cousines, migra dès que possible vers le Sud de la France: Nice, Arles, Fréjus,Toulon, Marseille.
Mes grands-parents paternels, eux,  finirent leur vie à Brest.
Au bout de quelques jours à Nice, ma grand-mère se plaignait du climat méditerranéen, de la chaleur et vantait, presque la larme à l’œil, les mérites du crachin du Finistère, de son air vivifiant qui était bon, disait-elle, pour sa constitution.
Il faut croire que c'était vrai puisqu'elle mourut centenaire.
Mon grand-père était un homme cultivé, son épouse était une femme intelligente, avait beaucoup d'esprit et un sens inné de la répartie, qu'elle utilisait comme une arme de guerre.
Un jour, à table, considérant que le maquereau revenait trop souvent au menu, elle s'adressa à ma mère, en joignant le geste à la parole,  "Solange, regardez, mes nageoires poussent !"
Tout était toujours trop fade, trop salé, trop froid, trop chaud.
Les meubles avaient trop de poussière, le sol ne brillait pas assez et ses petits-enfants étaient trop turbulents.
Mon grand-père ne contredisait jamais son épouse, mon père adorait sa mère et ne trouvait rien à redire. Curieuse dévotion de ce fils, plus souvent battu qu'à son tour, envers cette mère qui le rejetait, lui reprochait d'être né à un moment inopportun, de ne pas avoir été désiré, cette mère qui laissa son fils presque mourir lorsqu'il eut une grave pneumonie, qui le cloua au lit pendant un mois,  et qu'elle refusa d'appeler un médecin en prétextant qu'il ne fallait pas le déranger pour si peu, que la nature était bien suffisante pour assurer une guérison et que cela renforcerait ses défenses naturelles.
Heureusement, mon grand-père, alors que l'état de son fils empirait, passa outre les lubies de sa femme et le fit hospitaliser, ce qui lui sauvât la vie.
Mes frères et moi, quoi de plus naturel ?, avons tenté de nous rapprocher de notre grand-mère, de briser la glace, sa froide apparence.
Mais, lorsque nous recherchions une simple caresse, un câlin, en nous approchant d'elle, elle nous chassait d'un revers de la main, comme elle l'aurait fait pour un moustique tournant autour d'elle.
Pas une seule fois, elle n'offrit un bonbon, un livre, un jouet, peu importe le présent, seule l'attention compte.
"Les enfants sont comme les dents, il ne faut pas les gâter" avançait-elle
Je re-songe à ma grand-mère maternelle qui n'avait pas beaucoup d'économies mais qui n'hésitait pas à nous tendre un petit billet, ce qui fâchait fort ma mère
"Mamma, tu as plus besoin de cet argent que mes enfants, garde-le !" puis, dès que ma mère avait le dos tourné, ma grand-mère enfonçait profondément ce billet dans une de nos poches.

Mon grand-père était plutôt un brave homme mais, trop soumis et veule, il avait fini par s'isoler, en esprit, du monde.
Dans ses bons jours, il m'emmenait avec lui en balade, me tenait par la main, me racontait ses histoires glorieuses, ses joutes aériennes, discutait littérature, m'apprenait le nom des plantes, des fleurs, des arbres que l'on croisait en chemin.
J'étais un auditeur attentif, curieux.
Je savais relancer une conversation qui s'épuisait et mon grand-père, je le sentais bien, adorait cela  autant que j'adorais l'écouter !
Après le décès de mon grand-père, sa veuve vieillit brutalement.
Son visage parut épouser les traits de son caractère, il était enlaidi, le nez était presque crochu et de vilains petits boutons disgracieux apportèrent la touche finale au portrait d'une sorcière.
Elle continuait de se plaindre.
Quand mon père l’appelait, elle gémissait, pleurait sur sa retraite de misère (alors que son mari lui avait laissé une bonne pension) et quémandait, sans le formuler concrètement, de l'argent à mon père qui lui envoyait ensuite un mandat.
Un jour, un seul jour, j'ai vu mon père critiquer avec véhémence sa mère.
Il venait de passer quelques jours, à Brest, auprès de ma grand-mère.
A son retour, il déclara "Elle a les appareils ménagers les plus modernes, une télé dernier cri et d'autres gadgets dont je ne connais ni le nom, ni l'usage. Et elle a le culot de me réclamer de l'argent !"

La relation qui unissait ma grand-mère et son fils, mon père, était aussi forte qu’inexplicable.
En pleine nuit, mon père, en sueur, réveilla ma mère et lui dit
"Ma mère est morte ! je l'ai aperçue, en rêve, elle est venue, au bord du lit, me dire au-revoir"
Sa prémonition fut confirmée le matin même.
Mon père alla seul aux funérailles, ma mère n'ayant pu se libérer et, comme elle me l'avoua plus tard, elle ne fit rien pour pouvoir y assister.
Quand mon père pleura, en apprenant au téléphone que sa mère était vraiment décédée, ma mère, discrètement, haussa les épaules et conclut, à voix basse, d'un "Il était temps !"

 



13 commentaires :

  1. Belle saga des Martinez, avec ses personnages attachants, d'autres moins. C'était quand même une autre époque...
    Merci Rom pour ce récit coloré riche en émotions.
    Oui, ils sont beaux tes ascendants. Peut-on voir également une photo de toi, même petit ? 😀
    Bonne journée, bises.

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    1. Martinez ? Ai-je cité ce patronyme dans mon récit ? :-)
      J'ai déjà posté des photos de moi, enfant.
      Je vais en publier une des trois frères, sans préciser qui est qui.
      Bonne journée, Julie.
      Bises.

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    2. Pierre Martinez, tous droits réservés 🙂

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    3. C'est juste, je l'avais oublié, celui-là :-)
      Une autre époque, dis-tu, quelles sont les raisons, dans ce récit, qui t'inspirent cette pensée ?

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    4. Ohhhhh ces trois bouts de chou... vous êtes adorables. Le petit de gauche me fait penser à un petit oisillon sur ses guiboles si frêles 😊
      Toi, on te reconnais parmi mille... celui de droite au regard pétillant et le sourire charmeur 😀
      Sont superbes tes parents, quelques classe !
      Justement, cette classe (vestimentaire du mois) manque aujourd'hui.
      N'aient pas vécu cette époque, je pense simplement que c'était autrement avant. Plus difficile pour certains, mais aussi davantage de niaque. Etc :)

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    5. Bien vu, Julie.
      Mon frère aîné est à gauche, le plus jeune au centre.
      Un rappel, ici

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  2. L'histoire de nos grands-parents, parents, est toujours intéressante à connaître, même s'il ne s'agit pas des nôtres. Aussi, j'aime lire les billets où tu parles d'eux. Toutes ces personnes qui sont nées avant nous, nous ont légué une part d'elles que nous portons, soit avec plaisir, soit avec déplaisir, mais ces parts sont en nous, c'est certain, et je ne parle pas que du physique, mais aussi de la personnalité. Arrivé(e)s à un stade de notre vie, nous avons envie de mieux les connaître, parfois même de leur pardonner leur indifférence ou les manques qu'ils ont créés en nous. Les remercier aussi de nous avoir légué la tolérance, la curiosité, etc. Enfin bref, tout cela est passionnant. Merci Rom, c'est un plaisir de te lire.
    Pour le petit garçon, j'hésite entre celui du milieu et celui de droite. Tu nous donneras bien la réponse ? :-)
    Bel après-midi à toi. Bises.

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    1. Oh, je n'ai pas attendu très longtemps avant d'essayer de connaître le passé de mes ancêtres !
      Mon grand-père paternel, que je matraquais de questions, me disait que j'étais le plus joli et le plus dangereux bombardier à qui il eut affaire :-)
      J'ai beaucoup pardonné sauf l'impardonnable que je n'ai pas jugé utile de décrire dans ce récit.
      Bonne fin d'après-midi, temps toujours gris, le soleil ce sera pour cette nuit ! :-)

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  3. Je viens de lire les deux billets consacrés à tes grands parents. Leur histoire, immanquablement, t’a façonné, tel que tu es. Nous sommes tous des résultants d’histoires croisées, elles-mêmes entremêlées avec l’Histoire avec un grand H.
    Je ressens beaucoup d’amour et de sensibilité à la lecture de ces portraits. Et ton écriture est toujours aussi fluide et agréable à capter.
    Belle journée Rom. Le soleil est-il apparu ?
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. Absolument, Célestine, les histoires de nos aïeux, celles que l'on connaît mais également celles que l'on ignore. La transmission utilise des rouages dont nous n'avons pas toujours conscience.
      Journée magnifique aujourd'hui.
      Bon après-midi, joyeux.

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  4. Celestine, tu m’avais reconnue, j’en suis sure.
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. Comment ne pas te reconnaître, Celestine, même sans l'aide de ta signature.

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