
- Mon père, son frère et moi derrière qui apprend le respect de la tradition, la malédiction qui frappe notre famille depuis deux siècles, parait-il, depuis qu'un de nos lointains ancêtres fut conduit sur l'échafaud, les mains ligotées dans le dos. Il aurait crié "Que mes enfants et leurs enfants et tous mes descendants soient maudits si je ne suis pas innocent !"
Innocent, non, menteur, oui ! Qu'il soit maudit ! Devoir marcher, tête baissée, les mains dans le dos, vous trouvez ça rigolo ? Alors, quand je reviens de l'école et que mon père s'assure que j'ai bien suivi la règle, je prends mon air le plus innocent et je mens "Bien sûr, papa, cela va de soi !"
- Un petit coup de main ?
Vous semblez mal-en-point
Comment ? ah, vous le prenez mal !
Allez, procès-verbal !
Pneu dégonflé, véhicule mal garé, je me régale !
- C'est ça, frotte lui le nez, petite morveuse, petite joueuse, novice, débutante !
J'vais t'montrer, ma belle, et pas plus tard que tout d'suite, comment on roule une pelle, une gamelle, une vraie, celle qui t'retourne la tête et les sangs, celle qui t'fait grandir plus vite que toutes les hormones de croissance, qui te mène en un éclair de Paris à Byzance, celle qui peut aller jusqu'à te faire perdre connaissance !
Le
nez, sérieux ? Avec moi, ce sont ses yeux qui vont crier "Mon Dieu !",
vu qu'sa bouche elle s'ra bien trop occupée pour pouvoir jacter !
Dépêche toi, moi aussi j'ai envie !
Vous êtes si long, vous les hommes !
Il parait que vous avez du mal à fermer votre robinet
Pauvres de vous, vous n'êtes pas gâtés !
J'ai promis à mon père de ne pas utiliser ma cape
Mais qu'un seul de vous m'attrape
Je lui ferai plier genou
Tremblez ! C'est Clark que vous voyez
C'est Superman que vous redouterez

Très bien les enfants !
Attention maintenant, en marche arrière !
Et l'on reprend , tous en chœur
"Savez-vous traverser les clous, à la mode, à la mode, savez-vous traverser les clous à la mode de chez nous. On traverse vers l'avant, c'est marrant, c'est marrant, on traverse vers l'arrière, ne soyez pas en colère, ne soyez pas en colère... "
Il se plierait en quatre pour moi
Pourquoi ?
Disons qu'il a une dette, un gage
Il lit, en cachette, des revues qui ne sont pas de son âge
Celles que mon père recherche, depuis longtemps, en vain
Sans pouvoir imaginer devoir fouiller la chambre de Sylvain
Quel empoté mais il le fait exprès, on dirait !
J'vais aller lui casser la gueule !
Tais-toi, imbécile, c'est le fils du postier !
Lui, c'est Jules, il lève le bras tout le temps !
Moi, je suis Robert, dans la cour, peu importe qui m'agresse, je ne baisse jamais les bras !
Ils m'ont bien eu à Pôle Emploi, quel idiot !
Un travail mal payé mais très enrichissant
Protéger femmes et enfants
Tu parles, Charles !
Je n'ai plus d'ongles, à force de les limer
Assis toute la sainte journée
A poireauter, à ruminer
A espérer une petite infraction
La moindre distraction
Rien ne se passe, personne ne passe
Et encore moins s'arrête
Plus qu'aujourd'hui, demain j'arrête.
C'est bon, Jonathan
Je te crois, maintenant !
Tu l'as bien avalée, bienvenue dans le club des chevaliers
Dis-moi, quel goût avait cette mouche ? Sucré ou salé ?
J'ai choisi le plus joli, le moins haut des perchoirs, avec vue sur l'urinoir !
Je reviendrai, promis mon ami, à ta prochaine pause pipi.
Tu seras moi
Tu verras, ce sera drôle
D'échanger nos rôles
Et si l'on t'accuse, de quoique ce soit
Que l'on te désigne du doigt
Isabelle !
Tu pourras répondre, de bonne foi
C'est faux, ce n'est pas moi !
Mais trop, c'est trop, et je ne peux plus me taire
Regardez ce pauvre Clotaire et sa main qui ne quitte pas son derrière
La faute à René et son poil a gratter
Que pouvez-vous y faire ?
Vous, que j'aime tant et que certains ici surnomment, c'est navrant
Le bigleux, le bilieux, le serpent à lunettes
Et même, parfois, "petite quéquette" !
Il faut en finir, il faut sévir
Et, entre nous, je n'ose même pas vous dire
Le plus infâme, le pire
Votre surnom de "peine à j...."












Faire parler ces enfants semble aisé pour toi, sans doute parce que tu as su garder ton âme d'enfant. :-)
RépondreSupprimerBravo pour tous ces mots de gosses (pour ne pas répéter encore une fois "enfant") ;-)
Merci Françoise !
SupprimerJe ferai parler les adultes prochainement (il y en a un dans cette série)
Les photos d'enfants (celles que je choisis) sont plus faciles à légender, elles autorisent des "écarts" que pardonne leur candeur.
Les photos de personnes âgées m'inspirent également.
Bonne soirée !
Tout aussi amusante cette autre version, comme quoi on peut faire tout dire à des photos...
RépondreSupprimerC'est très vrai, Pastelle.
SupprimerD'ailleurs, les médias ne se privent pas de cette facilité, de détourner les images de leur contexte.
Puisque il a été décidé que cette journée rendait hommage aux femmes, je ne résiste pas à l'envie d'évoquer une femme photographe, Sabine Weiss.
Un documentaire, diffusé le mois dernier sur France 5, lui était consacré.
C'était une femme extraordinaire, qui irradiait de simplicité, d'humour, d'empathie, de talent.
Elle était exigeante envers elle-même, indulgente envers les autres.
Elle refusait d'être considérée comme une artiste
« Ce n’est pas de l’art. Mes photos sont un témoignage. Moi, ce que j’aime, c’est l’humain. Vous n’allez pas me dire que, parce que j’ai photographié un morveux de 5 ans qui met les doigts dans son nez, j’ai fait une œuvre d’art. Il ne faut pas exagérer. »
Doisneau avait écrit
Avec Sabine Weiss, regardons d’un peu plus près : les scènes, d’apparence inoffensive, ont été inscrites avec une volontaire malice, juste à ce moment précis de déséquilibre où ce qui est communément admis se trouve remis en question. Les concepts littéraires en prennent un bon coup. Je veux dire que les vieillards ne sont pas forcément vénérables, pas plus que les soubrettes obligatoirement accortes. Si cela dérange un brin, c’est très bien : c’est exactement le rôle que doit jouer la photographie.
Merci pour ta visite et ton commentaire, Pastelle.
Belle journée !