Te souviens-tu, Isabelle
Du jeu de la marelle
Du pouvoir de tes mains
Blanchies de craie
Qui créaient le Ciel et la Terre
Sans besoin de briser les ténèbres
Puisque tu étais la lumière
Puisque tu étais le soleil
Te souviens-tu, Isabelle
De ces marches silencieuses
Dans les forêts d'automne
Du pouvoir de ta petite main
Qui créait le bonheur
Lorsque, après s'être échappée
En quête d'une feuille dorée,
Elle rejoignait une paume
Qu'elle venait de quitter
Puisque tu étais sa lumière
Puisque tu étais son soleil
Te souviens-tu, Isabelle
De cette marche nuptiale
Du pouvoir de ta main
Quittant celle de ton père
Pour s'orner d'une alliance
D'un cercle d'espérance.
Elle créait un avenir
De lumière, de soleil
Te souviens-tu, Isabelle
De ta main qui tremblait
Privée de soleil
Privée de lumière
Cette main qui signait
La fin d'un serment
D'un avenir commun
Comprends-tu, Isabelle
Ta vieille main qui tremble
Ton esprit, assoupi, qui tremble
Devant ces petites mains
Baignées d'un soleil
Petit-fils de soleil
Baignées d'une lumière
Petite-fille de lumière
Qui caressent ta joue.
Comprends-tu, Isabelle
Leurs noms, leurs prénoms
Cités hier
Rappelés aujourd'hui.
Demain encore
Elles reviendront.
Tu découvriras
Alors
Encore
Qui elles sont
Et, après un moment,
Tu auras un léger sourire
Comme un pale soleil
Une petite étincelle
Comme une fragile lumière
Et tu agiteras ta main
Ta main qui tremble
En les voyant partir
En voyant disparaître
Le soleil
La lumière
Dans le soir
De ta mémoire.
Toute une vie dans un poème. Lumineux, tendre, émouvant.
RépondreSupprimerMerci Rom, ces tranches de vie sont des quartiers d'orange qui parfument le monde de tes mots.
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Une vie, la vie d'Isabelle, joliment et tendrement racontée.
RépondreSupprimerC'est très beau et touchant.
Bon samedi à toi, Rom.
Merci à vous deux, pour vos commentaires, tapés des deux mains, sur ce texte rédigé hier mais, pour hier, aujourd'hui c'est demain.
RépondreSupprimerBon début de week-end.
Oui, toute une vie dans ce poème.
RépondreSupprimerSolennel et doux, bravo Rom.
Je vais lire les autres publications cette nuit :)
Merci Julie.
SupprimerLa fin adoucit la réalité, hélas.