L'âme humaine est complexe, incompréhensible parfois.
Petit escroc puis tueur en série, Henri Désiré Landru a provoqué, lors de son procès, l'hilarité du public et charmé le Tout-Paris par son humour ! (d'après les journalistes de l'époque)
On peut rire de tout, le mécanisme du rire échappe à la morale, à condition de ne pas être impacté par l'ignoble.
Je doute fort que les proches des victimes aient pu être charmées par un homme qui ne manifeste aucune compassion, aucun remords, aucun état d'âme.
J'ai souri, moi-même, à la lecture de certaines réparties de ce cabot.
En même temps, j'éprouve du dégoût, de la révolte en songeant aux atrocités commises sur ces veuves, à l'indécence des propos de Landru, à l'absence apparente de toute humanité chez cet homme. Paradoxe de l'esprit humain, accepter de sourire, de rire aux propos d'un homme abject.
L'éloquence, l'esprit, ne constituent pas une défense acceptable.
Les jurés n'ont pas été abusés et se sont tenus aux faits reprochés, peu importent les pirouettes de Landru dans son one man show.
Une psychiatre évoque les raisons qui, d'après elle, ont fabriqué ces marches vers une horreur insensée.
La santé mentale de Landru présentait certaines dispositions qui rendaient possible cette "progression" vers léchafaud.
Le dernier paragraphe de ce billet évoque une perversité maladive, une fascination morbide.
Les Hommes n'ont pas fini de nous surprendre.
Ce qui suit est une recopie partielle d'une page Wikipedia .
Selon la psychiatre des hôpitaux Francesca Biagi-Chai, qui a repris les expertises judiciaires de l'époque, c'est ce contexte de guerre qui transforme la psychose latente ordinaire de Landru en schizophrénie mortifère : puisque les soldats tuent pour une raison, cet homme cultivé, soucieux de subvenir aux besoins de sa famille mais aussi amoureux d'une chanteuse dont il a été l'amant, trouve lui aussi une raison économique de tuer en série des femmes pourtant pas très riches. C'est dans un contexte non sans similarités que la Seconde Guerre mondiale engendrera à son tour un Marcel Petiot.
Le procès à grand spectacle attire le Tout-Paris (Mistinguett, Raimu, Berthe Bovy ou Colette alors chroniqueuse judiciaire) et même l'aristocratie étrangère qui sont charmés par son humour provocateur.
Landru s’exprime lors de son procès.
Landru nie jusqu'au bout être l'auteur des crimes dont on l'accuse, concédant toutefois avoir volé et escroqué ses supposées victimes. Il fait preuve à diverses reprises d'une éloquence souvent provocante devant la Cour, allant, par exemple, jusqu'à s'exclamer : « Montrez-moi les cadavres ! ». Landru est également renommé pour certaines de ses réparties, certaines attestées par les témoins de l'époque, d'autres apocryphes :
À l'huissier chargé de lui remettre la liste des jurés : « Il n'est pas vraiment utile de se déranger, surtout un dimanche, pour si peu de choses ».
Au président : « Ma mémoire est surmenée par ces longs débats » — « Chaque fois qu'on voit sur mon carnet un chiffre en haut d'une page, on en déduit que ce fut l'heure où j'accomplissais un crime ! » — (le président) « Voyons Landru, toutes ces femmes... vos enfants ne disaient rien ? » — (Landru) « Quand je donne un ordre à mes enfants, moi, monsieur le Juge, ils obéissent. Ils ne cherchent pas le pourquoi ni le comment. Je me demande comment vous élevez les vôtres ! »
« Vous parlez toujours de ma tête, Monsieur l'avocat général. Je regrette de n'en avoir pas plusieurs à vous offrir ! »
« Moi ? J'ai fait disparaître quelqu'un ? Eh bien, ça alors ! Si vous croyez ce que racontent les journaux ! »
(Le président) « Vous pleurez, Landru : vous éprouvez le besoin de libérer votre conscience ? » — (Landru) « Oui, je pleure mes fautes, je me repens... j'ai des remords... je pleure parce que je pense qu'avec tout le scandale fait autour de mon nom, on a appris à ma pauvre femme que je l'avais trompée. »
« Si les femmes que j'ai connues ont quelque chose à me reprocher, elles n'ont qu'à déposer plainte ! »
Alors que Landru vient de déclencher l'hilarité du public par une nouvelle repartie, le président menace : « Si les rires continuent, je vais demander à chacun de rentrer chez soi ! », ce à quoi Landru réplique : « Pour mon compte, monsieur le Président, ce n'est pas de refus ».
Son avocat, Vincent de Moro-Giafferri, le défendit en mettant en place une scène qui eut lieu pendant sa plaidoirie : il affirma que des victimes avaient été retrouvées et allaient venir se présenter devant la cour d'assises. Le public et les jurés tournèrent la tête vers la porte que le « ténor du barreau » avait alors désignée, et après avoir laissé planer le suspense, souligna le fait que tous ceux qui avaient tourné la tête vers la sortie avaient ainsi démontré leur manque de conviction concernant la réalité des assassinats imputés à son client, mettant en évidence l'absence de preuves formelles contre Landru, faute de cadavre retrouvé. L'avocat général rétorqua du tac au tac que Landru, lui, n'avait pas tourné la tête vers la porte…
Mais, face à une série de témoignages accablants et un faisceau de présomptions convaincantes, Moro-Giafferi ne peut lui éviter d'être condamné à mort : au terme de huit heures de délibérations, les jurés déclarent Henri Désiré Landru coupable de onze meurtres et le condamnent à la guillotine le 30 novembre 1921. Le président de la République Alexandre Millerand rejette le 24 février suivant le recours en grâce déposé.
Alors qu'on vient chercher Landru dans sa cellule à 5 h 25 du matin pour le conduire à l'échafaud, l'aumônier se serait approché et lui aurait demandé « Mon fils, croyez-vous en Dieu ? », Landru lui ayant répondu « Monsieur le curé, je vais mourir et vous jouez aux devinettes ». Landru est guillotiné à l'entrée de la prison de Versailles à l'aube du 25 février 1922 par le bourreau Anatole Deibler, qui note dans son carnet « 6 h 10. Temps clair ».
Landru a demandé comme dernière volonté de pouvoir se laver les pieds, ce qui lui a été refusé par peur d'un suicide. Peu avant son exécution, alors qu'on lui propose un verre de rhum et une dernière cigarette, Landru décline l'offre et répond : « Ce n'est pas bon pour la santé. ».
À son avocat qui, avant son exécution, lui demandait si, finalement, il avouait avoir assassiné ces femmes, Landru répondit : « Cela, Maître, c'est mon petit bagage... ».
De son incarcération en 1919 jusqu'à son exécution en 1922, il aurait reçu plus de 4 000 lettres d'admiratrices dont 800 demandes en mariage. Cette fascination érotique porte un nom, l'hybristophilie. (syndrome de Bonnie and Clyde)
Bonjour Pierre,
RépondreSupprimerComme je disais à Célestine :) l'amour est une faiblesse, limite soumission. Toutes ces malheureuses femmes piégées par cet répugnant escroc, puis immonde assassin... Brrrrrr, en tant qu'avocate je n'aurai pas pu le défendre.
Oui, l'homme est étrange... Combien de gens aujourd'hui dans certains pays prennent plaisir en regardant même participer à lapider une innocente, soi-disant adultère.
Bien qu'on connaît l'histoire, sa fin est presque comique...
L'amour est bizarre :(
Belle journée Rom, 20° ici, mais beaucoup de vent.
Bises
Bonjour Julie, je ne crois pas qu'ici on puisse véritablement parler d'amour, que ce soit pour les victimes ou, encore moins, pour Landru.
SupprimerIl suffit de lire le contenu des annonces matrimoniales utilisées par Landru, dans la page Wikipedia.
La couleur est annoncée tout de suite, le salaire est mentionné, la dot exigée également !
Les mariages d'amour sont assez récents finalement dans l'Histoire des Hommes.
L'escroquerie (suivie d'assassinats) utilise un abus de confiance, qui peut très bien se produire dans le cadre d'une relation non amoureuse.
L'amour soumission ne correspond pas, en ce qui me concerne, à une définition correcte de l'amour.
L'amour , une faiblesse ? Oui mais uniquement lorsque l'on s'oublie pour celui-ci, ce qui ne devrait jamais être le cas.
L'amour ne doit pas être un abandon total, une négation de notre être, ceci est malsain et imprudent.
Le chiffre 2 est important, je n'ai jamais compris ou accepté cette idée de "ne faire qu'un".
Au sujet du voyeurisme, celui des personnes assistant à un procès "spectacle" ne peut être comparé, question d'échelle de valeur, à celui d'une lapidation (une des exécutions les plus inhumaines qui soit)
19° chez moi, dans ma maison ,hein !
10° à l'extérieur, pluie et vent depuis 2 jours, la pluie est la bienvenue !
Bises.
Landru, un monstre ? Il en a tout l'air, et il est impossible de lui pardonner les monstruosités qu'il a faites. Mais peut-être y a-t-il une explication à son comportement ? J'ai regardé il y a quelques temps une émission parlant de ces hommes (ou femmes) incapables d'empathie et de ce fait n'ayant aucune pitié pour autrui. Je n'ai pas retrouvé l'émission en question, mais j'ai trouvé un article qui en parle, le voici →
RépondreSupprimerCriminels psychopathes
Merci pour ce billet suscitant débat, Rom.
Bon après-midi, bises.
Sans parler de jugement moral , quelle doit être l'attitude de la société confrontée à ces personnes souffrant d'anomalies cérébrales graves, sans réel espoir de guérison ?
SupprimerSur un ton un peu plus badin, je soupçonne certains hommes politiques, à des degrés très inférieurs naturellement (quoique...), d'être parfois dépourvus d'empathie (ou de passer outre)
Merci,Françoise.
Bises.